Si la Réserve fédérale a comme prévu remonté ses taux, elle a aussi relevé ses prévisions de croissance et baissé celles du chômage.
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Antoine Landrot
Janet Yellen, présidente de la Fed jusqu’au 3 février 2018.
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Photo Fed.
La dernière réunion de l’année du comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale (Fed) s’est conclue comme prévu: les taux directeurs de l’institut d’émission américain ont été relevés de 25 points de base (pb) dans une fourchette de 1,25 à 1,50%. La décision a été prise à 7 voix contre 2. La Fed a également prévu de maintenir le rythme de trois hausses en 2018, comme en 2017.
Etant donné les anticipations du marché, c’est quasiment un non-événement. «Les contrats à terme sur les fonds fédéraux intégraient une probabilité de relèvementproche de 100% ; dans ces conditions, la décision de la Fedest peu surprenante. Avec un chômage persistant à son plus bas niveau historique, la Fed reste fortement convaincue que le paradigme de la courbe de Philips [corrélation inverse entre taux de chômage et inflation, ndlr] finira par reprendre», commente Sophia Ferguson, gestionnaire principale de portefeuille chez State Street Global Advisors.
Le FOMC s’est laissé aller à l’optimisme hier. Il a révisé en hausse sa prévision de croissance du PIB américain pour 2018 et 2019 : il prévoit désormais +2,5% les deux années, contre +2,4% et +2,1% estimés précédemment. «Ce changement souligne le fait que le comité s’attend à ce que le marché du travail demeure solide, avec des créations d’emplois soutenues, des opportunités larges pour les travailleurs et des salaires en hausse», a déclaré la présidente de la Fed Janet Yellen, qui passera la main à Jerome Powell en février. La Fed a également amélioré sa prévision de chômage : elle prévoit que le taux chutera à 3,9% en 2018 et restera stable en 2019, alors qu’elle anticipait auparavant 4,1% pour ces deux années.
Toutefois, la dirigeante a fait en sorte que ces modifications ne puissent être interprétés comme un soutien à la réforme fiscale mise en branle par l’administration Trump : «Si les évolutions de politique fiscale porteront probablement quelque peu l’activité économique dans les années à venir, la magnitude et le moment où les effets macroéconomiques d’un paquet fiscal se manifestent sont incertains», a-t-elle tenu à préciser.
Alors que la faiblesse de l’inflation a alimenté des débats croissants au sein du FOMC au fil de l’année, laissant entendre lors de sa réunion précédente qu’il pourrait faire preuve de prudence pour 2018 en termes de hausse des taux, les prévisions sont maintenues : 1,9% en 2018 et 2% en 2019 (elle a atteint 1,7% fin novembre sur 12 mois). S’assurer qu’elle ne demeure pas de façon «chronique» sous 2% sera l’une des priorité de la Fed, a toutefois précisé Janet Yellen.
Kevin Warsh semble prendre un peu plus de distance avec le président Donald Trump à chaque sortie. Les marchés se montrent globalement convaincus, même si la baisse de l’inflation plus forte qu’attendue en juin a fait diminuer le risque d’avoir deux hausses de taux cette année.
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