La Fed se laisse aller à l’optimisme
La dernière réunion de l’année du comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale (Fed) s’est conclue comme prévu: les taux directeurs de l’institut d’émission américain ont été relevés de 25 points de base (pb) dans une fourchette de 1,25 à 1,50%. La décision a été prise à 7 voix contre 2. La Fed a également prévu de maintenir le rythme de trois hausses en 2018, comme en 2017.
Etant donné les anticipations du marché, c’est quasiment un non-événement. «Les contrats à terme sur les fonds fédéraux intégraient une probabilité de relèvement proche de 100% ; dans ces conditions, la décision de la Fed est peu surprenante. Avec un chômage persistant à son plus bas niveau historique, la Fed reste fortement convaincue que le paradigme de la courbe de Philips [corrélation inverse entre taux de chômage et inflation, ndlr] finira par reprendre», commente Sophia Ferguson, gestionnaire principale de portefeuille chez State Street Global Advisors.
Le FOMC s’est laissé aller à l’optimisme hier. Il a révisé en hausse sa prévision de croissance du PIB américain pour 2018 et 2019 : il prévoit désormais +2,5% les deux années, contre +2,4% et +2,1% estimés précédemment. «Ce changement souligne le fait que le comité s’attend à ce que le marché du travail demeure solide, avec des créations d’emplois soutenues, des opportunités larges pour les travailleurs et des salaires en hausse», a déclaré la présidente de la Fed Janet Yellen, qui passera la main à Jerome Powell en février. La Fed a également amélioré sa prévision de chômage : elle prévoit que le taux chutera à 3,9% en 2018 et restera stable en 2019, alors qu’elle anticipait auparavant 4,1% pour ces deux années.
Toutefois, la dirigeante a fait en sorte que ces modifications ne puissent être interprétés comme un soutien à la réforme fiscale mise en branle par l’administration Trump : «Si les évolutions de politique fiscale porteront probablement quelque peu l’activité économique dans les années à venir, la magnitude et le moment où les effets macroéconomiques d’un paquet fiscal se manifestent sont incertains», a-t-elle tenu à préciser.
Alors que la faiblesse de l’inflation a alimenté des débats croissants au sein du FOMC au fil de l’année, laissant entendre lors de sa réunion précédente qu’il pourrait faire preuve de prudence pour 2018 en termes de hausse des taux, les prévisions sont maintenues : 1,9% en 2018 et 2% en 2019 (elle a atteint 1,7% fin novembre sur 12 mois). S’assurer qu’elle ne demeure pas de façon «chronique» sous 2% sera l’une des priorité de la Fed, a toutefois précisé Janet Yellen.
Plus d'articles du même thème
-
Le marché est partagé sur la prochaine décision de la Fed
La probabilité d’une hausse de taux comme d’un statu quo en septembre est de 50%, alors que le rebond du pétrole a relancé les craintes d’une inflation persistante malgré un marché du travail au ralenti aux Etats-Unis. Les investisseurs scruteront l’inflation de juillet, publiée ce mercredi. -
Les géants de la tech se ruent à nouveau sur les marchés
Après Alphabet sur le marché obligataire, Intel a bouclé une levée de 20 milliards de dollars à Wall Street. Ils ont tous deux profité d’une fenêtre de marché favorable après la correction de juillet. Nvidia a annoncé un accord de 500 milliards avec plusieurs fonds. -
La SCPI Elysées Pierre décote son prix de 17 %
Ce véhicule, géré par HSBC Reim, compte 96% de bureaux dans son portefeuille, très largement situés en Ile-de-France et à Paris. -
Les fonds suédois ont collecté plus de 2,5 milliards d’euros en juillet
Si l’industrie suédoise de la gestion d’actifs a collecté en juillet, l’encours a en revanche légèrement baissé à 908 milliards d’euros. -
L’Europe se dirige vers un deuxième semestre catastrophique sur le plan climatique
Les assureurs et réassureurs s’attendaient à un été très chaud mais pas carbonisé. Si paradoxalement les pertes assurées mondiales au premier semestre ont été moins importantes qu’attendu, elles masquent en réalité une hausse continue des risques climatiques. Le second semestre 2026 s’annonce déjà catastrophique en Europe. -
Roundhill lance NCLD, un ETF dédié aux « neoclouds » de l'IA
Roundhill Investments cible les fournisseurs de capacité de calcul GPU pour l'intelligence artificielle, pariant sur la poursuite du boom des infrastructures de données.
ETF à la Une
L&G AM lance le premier ETF UCITS exclusivement dédié aux obligations d’Etat africaines
- De prince déchu de l’IA à lanceur d’alerte malgré lui
- Oddo BHF met la main sur la plateforme de services aux fonds Ifsam
- Pimco et AllianzGI collectent 87 milliards d'euros au premier semestre 2026
- La finance climatique franchit les 2.000 milliards de dollars
- AllianzGI accélère son expansion en Asie avec l'acquisition d'UOB Asset Management
Contenu de nos partenaires
-
RéservesMédecins libéraux : l'inquiétude grandit sur l'avenir de leur retraite complémentaire
Un prochain décret pourrait réduire les ressources de la caisse autonome chargée des retraites complémentaires des praticiens -
Tête dureIran : Mojtaba Khamenei, toujours invisible, renforce la radicalité du régime
Le nouveau Guide suprême a effectué ses premières nominations majeures, donnant une place encore plus centrale aux Gardiens de la révolution -
EditoJean-Luc Mélenchon, l’apprenti sorcier de la dette
Que se passerait-il si l'on « foutait le feu » à une partie de la dette publique française, comme le propose goguenard le candidat de LFI à l'élection présidentielle ?