Le profit net d’UBS s’est envolé au troisième trimestre
UBS a annoncé une hausse de 74% de son bénéfice net au troisième trimestre, dépassant largement les attentes, alors que ses revenus ont fortement progressé grâce à la volatilité des marchés financiers provoquée par les tensions commerciales mondiales et à la reprise de l’activité de fusions-acquisitions.
La plus grande banque de Suisse a également affirmé sa confiance dans son plan de rachat d’actions pour un montant de 3 milliards de dollars cette année, ainsi que dans ses objectifs financiers pour 2026. Elle a toutefois souligné que les incertitudes macroéconomiques, la force du franc suisse et les droits de douane américains plus élevés assombrissaient les perspectives pour l’économie suisse.
UBS prévoit que l’activité de M&A reste soutenue au quatrième trimestre, mais a précisé que «les sentiments peuvent changer rapidement, car la confiance dans les perspectives économiques est mise à l’épreuve». Une fermeture prolongée du gouvernement américain pourrait retarder les activités sur les marchés de capitaux, a-t-elle ajouté.
La banque a également indiqué qu’elle comptait faire appel d’une décision de justice suisse, déjà contestée par l’autorité suisse des marchés financiers (FINMA), selon laquelle l’annulation de 16,5 milliards de francs suisses d’obligations Credit Suisse était illégale. UBS a précisé qu’elle ne prévoyait aucune provision liée à cette affaire.
Nettement supérieur aux attentes
Le bénéfice net s’est élevé à 2,5 milliards de dollars, surpassant le consensus des analystes (1,29 milliard de dollars) et constituant son meilleur résultat depuis le deuxième trimestre 2023, marqué par des effets exceptionnels liés à l’intégration de l’ancienne rivale Credit Suisse, qui avait alors généré un profit dépassant 27 milliards de dollars.
Une reprise de provisions juridiques d’un montant de 688 millions de dollars a également contribué à dépasser les attente. Elles étaient principalement liées au règlement des activités de titrisation de prêts hypothécaires résidentiels de Credit Suisse et à une affaire impliquant UBS en France.
UBS a enregistré une collecte nette positive de 38 milliards de dollars dans sa division de gestion de fortune mondiale et 18 milliards dans la gestion d’actifs, portant le total des actifs sous gestion à près de 7.000 milliards de dollars. Les fortes entrées en provenance d’Asie ont plus que compensé les sorties aux Amériques, où UBS a déposé cette semaine une demande de licence bancaire aux États-Unis.
Dans la banque d’investissement, les revenus ont bondi de 52% en banque globale et de 14% dans les activités de trading, marquant un record pour un troisième trimestre dans ces deux domaines, grâce à la reprise des opérations de fusions-acquisitions.
L’intégration de Credit Suisse se poursuit, a indiqué UBS, précisant que plus des deux tiers des comptes clients domiciliés en Suisse ont été migrés.
Des risques demeurent
«UBS adopte un ton prudent pour le quatrième trimestre, de nouveaux coûts exceptionnels ayant tendance à être comptabilisés au quatrième trimestre», préviennent les analystes d’AlphaValue dans une note mercredi matin tout en indiquant qu’ils relèveront malgré tout leurs prévisions pour l’exercice 2025 en raison de l’excellente performance enregistrée par la banque entre juillet et septembre.
Ils mettent toutefois en garde contre l’exposition du groupe suisse aux risques de défaillance dans la dette privée, qui inquiètent les investisseurs depuis plusieurs semaines. AlphaValue juge ainsi qu’UBS, qui est notamment un créancier de poids de First Brands, «pourrait être potentiellement plus touché que ses concurrents en cas de catastrophe» dans ce segment de marché.
Dans une note, les analystes de Citi ont également souligné que, bien qu’UBS ait publié des résultats solides, il subsistait un manque de clarté concernant son futur modèle économique, en raison des pressions exercées en Suisse sur la banque pour qu’elle augmente ses fonds propres de base d’environ 24 milliards de dollars — une mesure visant à protéger le pays en cas de difficultés pour l’établissement.
A la Bourse de Zurich, l’action de la banque reculait de 1,3% en fin de matinée mercredi après avoir gagné près de 3% en début de séance.
(Avec Reuters)
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