UBS solde son procès en France à bon compte
Il aura fallu plus de quinze ans pour qu’UBS soit enfin totalement quitte de l’Etat français. La banque suisse a annoncé dans un communiqué qu’elle avait résolu son «problème fiscal hérité de la France», moyennant le versement de 835 millions d’euros. Une décision de la Cour de cassation en 2023 avait conclu à la culpabilité d’UBS dans une affaire de blanchiment aggravé, mais avait remis en cause l’amende de près de deux milliards d’euros que devait verser la banque. UBS a finalement accepté de payer une amende de 730 millions d’euros et de 105 millions d’euros de dommages et intérêts à la France. La banque a précisé dans son communiqué que ces sommes étaient entièrement provisionnées.
En 2009, UBS avait été accusée d’avoir mis en place un système ayant permis, quelques années auparavant, de prospecter illégalement des clients français depuis la Suisse. A l’époque, la dissimulation des sommes transférées était rendue possible par le secret bancaire suisse qui n’a été officiellement abandonné qu’en 2018.
Une somme divisée par 5 au fil des procès
Cette affaire avait fait grand bruit, et s’était soldée par une première décision de justice en 2019 condamnant UBS à verser 4,3 milliards d’euros, dont 3,7 milliards d’amende. A l’époque, le tribunal avait jugé que les faits étaient d’une «extrême gravité» et avait voulu en faire un exemple.
Deux ans plus tard, la cour d’appel s'était montrée plus clémente et avait fait baisser la note à 1,8 milliard d’euros. Le tribunal avait justifié cette baisse par le fait que s’il existait effectivement une fraude, il n’était pas prouvé que la banque avait mis en place un véritable «système», ni une organisation structurée pour organiser cette fraude.
C’est justement sur les montants de l’amende et des dommages et intérêts qu’a statué la Cour de cassation en 2023. Celle-ci a confirmé «la sollicitation illégale de clients et le blanchiment aggravé des produits de la fraude fiscale», mais a ordonné un nouveau calcul des sommes dues. Une bonne affaire pour UBS qui a vu, avec cette nouvelle résolution, la somme à débourser divisée par cinq par rapport à la première instance et par plus de deux, comparée à l’appel.
L’annonce de cette résolution n’a eu aucune incidence sur le cours de Bourse d’UBS, proche de l’équilibre mardi en séance (-0,5%). Elle clôt tout de même une affaire dont le coût principal aura finalement été celui de la dégradation du numéro un bancaire suisse.
Plus d'articles du même thème
-
Les grandes banques espagnoles maintiennent le cap malgré la guerre au Moyen-Orient
La vitalité de l'économie du pays et la diversification des modèles soutiennent la trajectoire des principaux acteurs bancaires. -
La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
La progression des revenus et des résultats des activités de détail en France et à l'étranger, en agence et à distance, compense largement le vif recul de certains pans de la banque de financement et d'investissement. -
Lone Star boucle la vente à BPCE de Novobanco, valorisée 6,7 milliards d'euros
Initialement estimée à 6,4 milliards d'euros, la transaction a été mécaniquement revalorisée sous l'effet de la progression des capitaux propres de la banque portugaise.
ETF à la Une
Schroders lance un ETF actif sur les actions américaines en Europe
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
- Le gendarme de l'assurance suspend le courtier Jacques Pilliot
Contenu de nos partenaires
-
Dilemma
L’Italie veut relancer le nucléaire, mais ne sait toujours pas où enterrer ses déchets
Rome vient de renouveler son accord avec la France pour maintenir jusqu’en 2040 sur le territoire français une partie des ses déchets -
TaxesLes Européens de nouveau face au dilemme Trump
Engager le rapport de force ou jouer l’apaisement ? Les Vingt-Sept risquent de devoir trancher cette éternelle alternative si le président américain met ses nouvelles menaces commerciales à exécution -
Think againChômage en France : une résistance face à la crise qui révèle une vraie révolution – par Eric Le Boucher
Sur le marché du travail, la boussole s’est inversée : la France ne souffre plus aujourd’hui d’une pénurie d’emplois mais, tout à l’inverse, d’une pénurie de main d’œuvre qualifiée et motivée