La Société Générale paye cher les doutes sur la trajectoire de sa marge d’intérêt
La Société Générale n’en a pas fini avec les incertitudes sur sa marge d’intérêt, déjà lourdement pénalisée en 2023 par une mauvaise couverture de taux. Le groupe a publié le 3 mai un résultat net de 680 millions d’euros au titre du trimestre écoulé, en baisse de 22% sur un an. Ce résultat intègre une remontée du coût du risque, qui s’inscrit toutefois dans la fourchette de 25 à 30 points de base visée en 2024, ainsi qu’une perte réalisée sur la cession de filiales au Maroc annoncée en avril.
Le produit net bancaire (PNB), l'équivalent du chiffre d’affaires, est resté proche de l'équilibre (-0,4%), à 6,65 milliards d’euros, mais recule de 4,8% à périmètre et change constants.
Selon le consensus compilé par le groupe, les analystes tablaient en moyenne sur un résultat net de 463 millions d’euros et sur des revenus de 6,46 milliards d’euros.
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Timide reprise dans la banque de détail en France
La division banque de détail en France, banque privée et assurances affiche des revenus en baisse de 3,5% sur un an. La marge nette des intérêts reste pénalisée par des instruments de couverture sur les taux, mais moins fortement qu’au cours des précédents trimestres. La hausse des taux conduit par ailleurs les clients à privilégier des placements mieux rémunérés, ce qui rogne la marge, a expliqué la Société Générale. La marge d’intérêts bénéficie toutefois d’une amélioration de tendance et s’inscrit en hausse par rapport au quatrième trimestre 2023, même si cette reprise «se situe dans la fourchette basse des projections réalisées», a précisé la banque.
La banque de financement et d’investissement essuie quant à elle un recul de 5,1% de ses revenus, après un trimestre exceptionnel signé début 2023 sur les marchés de taux et de changes. Les revenus progressent toutefois sur les marchés actions et dans la division de financement et de conseil.
Dans le pôle constitué par la banque de détail internationale et les métiers spécialisés comme la location de voitures à longue durée (Ayvens), les revenus s’inscrivent en hausse de 3,9% sur le trimestre. Le résultat du pôle fléchit toutefois sous l’effet d’une augmentation des coûts liée à l’acquisition de la société LeasePlan en 2023.
Un brutal revirement en séance
L’action Société Générale a pourtant terminé lanterne rouge du CAC 40 vendredi, freinée par des doutes sur le rythme du redressement de la marge nette d’intérêt de la banque. Le titre a finalement cédé 5,5% après avoir pourtant gagné jusqu'à 6% en séance
La directrice financière Claire Dumas a précisé lors d’une présentation aux analystes que l’effet négatif des instruments de couverture continuerait à se faire sentir au deuxième trimestre.
«La Société Générale n’a pas spécifiquement réitéré à ce stade ses orientations en matière de marge nette d’intérêt pour la banque de détail française, à savoir que la MNI retrouverait en 2024 au moins son niveau de 2022 et qu’elle progresserait en 2025 par rapport à 2024», regrette RBC Capital.
La banque a cependant confirmé ses principaux objectifs financiers pour l’année en cours, après un premier trimestre où le bénéfice a dépassé les attentes des analystes, ajoute RBC.
«Hormis les imprécisions sur la marge nette d’intérêt et sur l’impact de Bâle 4 sur le ratio de fonds propres CET1, les résultats de Société Générale au premier trimestre sont clairement supérieurs aux attentes», souligne un analyste parisien. «Dans le contexte actuel de changement de paradigme sur les taux, les marchés sont un peu nerveux sur le secteur bancaire mais la réaction semble exagérée», ajoute-t-il.
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