Le Crédit Agricole déçoit par son manque d’ambition
Faute d’anticipations flamboyantes pour son métier cœur (la banque de détail en France), le Crédit Agricole – qui présentait son plan 2016 aux analystes hier – a mis en avant plusieurs relais de croissance: le réseau international, où il prévoit une hausse du produit net bancaire (PNB) de 7% par an, et l’assurance (+4%).
En Europe (hors France), le groupe vise une croissance de 12% sur 3 ans et un PNB de 7,6 milliards d’euros. Les revenus cumulés du gérant Amundi et de l’assurance devront progresser de 18% et ceux de la banque de détail de 16%. Anticipant une reprise en Italie, le groupe table sur une croissance de 5% par an du PNB du réseau Cariparma (à 1,8 milliard), un coût du risque divisé par 2 (à 67 pb) et un coefficient d’exploitation de 52% (-8 points).
Déployée à partir du crédit à la consommation, la filiale polonaise s’étoffe aussi. «Il n’y aura pas d’acquisition. Le groupe a développé une activité de banque de détail, nous complétons l’offre avec l’assurance et venons d’ouvrir une succursale d’Amundi», indique Xavier Musca, DG délégué de Crédit Agricole SA (CASA), l’organe coté du groupe. Ainsi, la Pologne vise 500 millions d’euros de PNB en 2016 (+13% par an). Les autres marchés (Ukraine, Maroc, Egypte) devraient croître de 8% par an, à 600 millions. Crédit Agricole Assurances compte bien rester un acteur majeur du secteur, grâce à une hausse de 17% du chiffre d’affaires en trois ans (à 31 milliards) et un résultat net de 1,2 milliard (+15%). Le groupe mise surtout sur l’assurance dommages, où il compte accroître ses revenus de 29% (à 2,8 milliards) entre 2013 et 2016. Pour y parvenir, il dispose d’un atout: le réseau bancaire du groupe. Il compte ainsi porter le taux de détention des clients des caisses régionales de 31% à 40%. En Italie, où les revenus devront doubler en dommages, l’augmentation de la détention interne est au programme, ainsi que la diversification des canaux de distribution.
Ces éléments n’ont pas déchaîné l’enthousiasme. Les analystes d’Oddo Securities ont regretté l’absence de commentaire sur la gouvernance du groupe. «Le nouveau business plan semble solide et rationnel […]. Toutefois, nous nous demandons à court terme s’il suffira à convaincre les investisseurs après la progression remarquable de CASA en Bourse, qui a surperformé le secteur de 25% depuis le début de l’année», écrit Credit Suisse. Les investisseurs ont répondu en faisant chuter le titre de 4,5% en séance et de 0,5% à la clôture (à 11,62 euros).
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