La City reste dans l’incertitude en cas de Brexit sans accord
Boris Johnson et Jeremy Hunt, candidats à la succession de la Première ministre Theresa May, ont fait part de leur volonté de réécrire ou supprimer le backstop irlandais, augmentant ainsi les risques d’une sortie sans accord de l’Union européenne. Le sterling a touché mardi un plus bas de 27 mois face au billet vert, à 1,24 dollar.
Or, pour la City, la perspective d’un no-deal est de mauvais augure en raison de dossiers en attente de résolution. Si la Commission européenne a accordé cet hiver une équivalence d’un an à trois chambres de compensation (CCP) britanniques à compter du mois de mars, des questions se posent sur l’après-30 mars 2020. «A moins d’une certitude donnée quant à l’extension de cette reconnaissance, les CCP britanniques se verront dans l’obligation de commencer à mettre en place les processus de départ des membres de l’UE27 d’ici à la fin 2019», écrit l’AFME (Association for Financial Markets in Europe) dans une étude. Le lobby appelle aussi la Commission à s’expliquer sur la façon dont elle entend garantir la continuité entre les mesures temporaires et le projet de révision du règlement Emir, portant notamment sur la question de l’équivalence des CCP de pays tiers. La résolution de cette question est jugée «cruciale», car le départ des entreprises de l’UE des CCP britanniques constituerait «une menace pour la stabilité financière européenne».
La révision en mai de l’approche de l’Autorité européenne des marchés (Esma) concernant l’obligation de trading pour les titres britanniques post-Brexit, n’apporterait quant à elle pas toutes les réponses. «Nous sommes inquiets que certains investisseurs européens puissent ne pas avoir accès à d’importantes réserves de liquidité pour un certain nombre d’actions de l’UE des 27 (actions irlandaises et doubles cotations par exemple) et qu’ils ne puissent obtenir les meilleurs prix disponibles lors de l’exécution de leurs opérations.» L’AFME attire aussi l’attention sur l’absence de solutions apportées à la question des obligations de négociation des dérivés, jugées «contradictoires» entre les deux blocs.
Outres les questions réglementaires, l’AFME a également alerté sur les risques opérationnels : si le 29 mars et le 12 avril étaient des vendredis, la nouvelle échéance du 31 octobre - un jeudi - suppose que les marchés ouvriront le 1er novembre, qui n’est pas férié outre-Manche. De quoi laisser anticiper quelques turbulences….
Plus d'articles du même thème
-
L’OPA de Paprec sur Pizzorno est ouverte jusqu’au 10 novembre 2026
L’Autorité des marchés financiers vient de déclarer conforme le projet d’offre publique d’achat simplifiée déposé début juillet. GMB Invest, minoritaire de Pizzorno avec 20,15% du capital, n’a pas obtenu gain de cause auprès de l’expert indépendant et de l’AMF. -
Jacques Vigner (Amafi) : «Les responsables politiques doivent envisager le rôle des marchés financiers de façon stratégique»
Responsable de la supervision stratégique Marchés mondiaux chez BNP Paribas et également vice-président de l’association internationale des produits dérivés (Isda), le nouveau président de l’Association française des marchés financiers (Amafi) commence son mandat avec la volonté d’obtenir un soutien des décideurs politiques. -
Le fonds BlueSpring de Bpifrance place son plus gros ticket dans N4 Group
Sept mois après son lancement, le fonds de 200 millions d’euros dédié aux petites capitalisations françaises compte trois participations et siège au conseil de chacune.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester