La cession de Caja del Mediterraneo est reportée après les élections espagnoles
Quatre potentiels acheteurs sont sur la liste de la Banque d’Espagne pour reprendre Caja del Mediterraneo, récemment saisie par le Frob, le fonds de restructuration du secteur bancaire espagnol. Après une injection de 2,8 milliards d’euros, la CAM a obtenu un crédit de 3 milliards d’euros. Banco Santander, BBVA, Caixabank et Sabadell ont présenté à la Banque d’Espagne des offres non engageantes. Depuis la récente annonce du rachat de Banco Pastor par Banco Popular, qui le marginalise en termes de taille, Sabadell pourrait être plus motivé que jamais.
Mais les candidats à la reprise sont inquiets et demandent des garanties. Premièrement, le calendrier de cession interfère avec la décision de l’Autorité bancaire européenne d’exiger des banques des taux de solvabilité plus élevés avec un ratio de fonds propres situé entre 7% et 9%. En outre se tiendront en novembre les élections générales. En plus du nouveau cadre réglementaire, Manuel Romera, directeur du secteur financier à l’IE Business School, pense que les futurs candidats au rachat s’inquiètent surtout des garanties que «le Frob et la Banque d’Espagne sont prêts à donner pour assurer sa liquidité dans les deux ou trois prochaines années».
Actuellement, la Banque d’Espagne offre au potentiel acheteur une schéma de protection des actifs où le Fonds de restructuration s’engage à assumer une partie des pertes dans les prochaines années. Il faut dire que les pertes de la caisse sont spectaculaires: plus d’1,14 milliard d’euros au premier trimestre et des encours douteux qui s’élèveraient à 9,9 milliards d’euros, sur un total d’actifs de 74 milliards d’euros. Les tombées de dette atteignent 1,9 milliard sur ce qui reste de l’année et 5,4 milliards en 2012.
Mais le tableau n’est pas totalement noir pour une caisse qui dégageait 79 millions de bénéfice net en 2010. Manuel Romera évoque son ample réseau de succursales qui s’étend d’Alicante à Murcie et Valence, et une image de marque que les cajas ont construite en Espagne au travers de leurs œuvres sociales. CAM compte aussi dans son périmètre une banque hypothécaire mexicaine, Crédito Inmobiliario, qu’elle a rachetée à 100% en 2009. Cette filiale pourrait expliquer, selon la presse espagnole, l’intérêt de Santander pour la caja aujourd’hui sous tutelle publique.
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