Deutsche Bank pourrait être renflouée par le Qatar
Deutsche Bank a obtenu un engagement du Qatar pour des investissements supplémentaires, affirme dimanche l’agence Bloomberg. Il se ferait probablement via la Qatar Investment Authority (QIA), le fonds souverain de l'émirat, ainsi que deux autres véhicules qataris. Le calendrier et le montant sont encore peu clairs, selon l’agence, qui cite des personnes au fait de ces négociations. Deutsche Bank et QIA ne commentaient pas dimanche soir.
L’émirat du Golfe poursuivrait ainsi ses ambitions en Allemagne, où il avait déclaré l’an dernier vouloir investir 10 milliards d’euros en dix ans. Il détient déjà 6,1% du capital de Deutsche Bank via deux holdings, Paramount Services et Supreme Universal. Le fonds souverain QIA, qui gère 320 milliards de dollars (280 milliards d’euros), connu pour ses investissements multiples (groupe Lagardère, beIN Sports), détient déjà des parts dans des firmes telles que Volkswagen, et le producteur (public) de pétrole russe Rosneft – présidé par l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder. QIA cherche à investir «dans différents secteurs» en Allemagne, «les services financiers en font partie», tout comme les infrastructures et les industries, indiquait vendredi au Forum économique de Davos, le président du QIA, Sheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, par ailleurs vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar.
De fait, «les services financiers ont une importance stratégique dans le développement de l’économie d’un pays, et étant donné l’importance de Deutsche Bank en Allemagne, c’est peut-être autant une décision politique que financière», estime Rachel Pether, conseillère pour le Sovereign Wealth Fund Institute, citée par Bloomberg.
Pour Deutsche Bank, si l’opération se concrétise, l’argent frais du Qatar sera salvateur. Elle fait l’objet de multiples enquêtes sur sa possible implication dans le scandale de blanchiment d’argent qui frappe l’entité estonienne de la banque danoise Danske Bank. Le projet de rapprochement avec Commerzbank, soutenu par Berlin, a récemment été taclé par la Banque centrale européenne et la BaFin, le régulateur financier allemand. Son titre a perdu 48% en Bourse en 2018, bien plus que l’indice Stoxx Europe 600 Banks (-28%), le marché doutant de sa capacité à se restructurer. Vendredi, elle clôturait néanmoins en hausse de 3,95%.
Cet investisseur qatari sera peut-être une bonne nouvelle de plus pour la banque allemande, qui pourrait présenter vendredi son premier bénéfice annuel depuis 2014, selon les analystes.
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