David Ganozzi | Yomoni
David Ganozzi | Yomoni
« Clairement attiré par la création et le développement, je ne soupçonnais tout de même pas avoir une telle fibre entrepreneuriale », convient David Ganozzi, encore un brin étonné d’avoir rejoint Yomoni, après avoir été l’un des piliers de l’essor de Fidelity en France. Au terme de dix-huit années passées au sein de la structure qu’il a quittée il y a six mois, ce tout jeune « quinqua » pensait se donner le temps de la réflexion. Et se voyait plutôt travailler pour une fondation.
Il pilotera finalement les investissements du robo-advisor français (102 millions d’encours, 10.000 clients, une trentaine de collaborateurs). La suite naturelle d’une rencontre avec les fondateurs de la plate-forme, Mourtaza Asad-Syed, qu’il avait déjà croisé au début de sa carrière à la Caisse des dépôts et dont il reprend la casquette, et Sébastien d’Ornano, le président exécutif. Et d’une adéquation, aussi, avec leur projet et leurs valeurs. « J’apprécie la transparence, la simplicité. Cette façon accessible et pédagogique d’aborder l’épargne pour les particuliers correspond exactement à ma conception de ce qu’il faut faire. Je n’avais finalement pas d’autre choix que d’y aller ! », sourit-il.
David Ganozzi se voit aujourd’hui comme un technicien expert mettant ses compétences au service d’entrepreneurs avec lesquels il se sent « en phase ». Ce diplômé de l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae) – « un cursus moins fermé que celui d’ingénieur » –, qui n’avait ni plan de carrière ni objectifs particuliers en tête, compare volontiers son début de parcours à « un long tâtonnement, somme toute pas désagréable ».
S’il aimait la modélisation macro-économique, il n’était pas spécialement intéressé par la finance… sauf à considérer les « ouvertures qu’elle pouvait offrir ». En 1993, il signe donc pour un premier poste de macro-économiste à la Société Générale. Et décide finalement d’appliquer ses analyses aux marchés de taux et de changes à la Caisse des dépôts, qu’il rejoint en 1995, puis au marché actions européennes chez BNP Paribas, dont il pousse la porte deux ans plus tard.
Mais il ne goûte que moyennement l’ambiance particulière des salles de marché. Et passe du sell side à la gestion, en prenant la responsabilité,
en 1998, de l’équipe stratégie chez Crédit Agricole asset Management. Il n’y restera pas longtemps non plus. « Lorsque Fidelity m’a contacté en 2000 pour créer la société de gestion dans l’Hexagone, j’ai dit ‘banco !’ »
« J’ai aimé cette phase de création de l’entité, du premier fonds de droit français Fidelity monde en 2001 au lancement de Fidelity patrimoine en 2011,
poursuit-il. C’était au départ une maison très ‘retail’, qui a su se développer sur le marché institutionnel. » De quoi le retenir pendant près de deux décennies, durant lesquelles il contribue à définir l’organisation et la stratégie de la société de gestion en France.
Sa nouvelle vie professionnelle chez Yomoni n’est pas un virage à 180 degrés : « On peut même le voir comme une continuation, voire un aboutissement de ce que j’ai fait jusque-là. J’ai démarré ma carrière dans des grands établissements ‘sécurisants’, Fidelity a été une étape intermédiaire, rejoindre une start-up est un peu plus risqué. Mais avec le temps, on prend de l’assurance. C’est le bon timing ! », conclut-il.
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