La banque française a annoncé lundi avoir signé un accord avec le groupe bancaire britannique HSBC en vue de l’acquisition de ses activités de banque privée en Allemagne. Elle s’est refusée à dévoiler les termes de la transaction, mais l’agence Bloomberg avait évoqué une valorisation comprise entre 300 et 600 millions d’euros.
«Cette acquisition permet à BNP Paribas Wealth Management de se placer parmi les tout premiers acteurs du secteur en Allemagne et de porter ses actifs sous gestion en Allemagne à plus de 40 milliards d’euros», a indiqué BNP Paribas dans un communiqué. Dans les faits, la première banque privée de la zone euro va donc doubler de taille en Allemagne, ce qui la mettrait en capacité de rivaliser avec Commerzbank et Deutsche Bank.
Des franchises «assez similaires»
Ce rachat s’inscrit dans «une vision de long terme», ont insisté Vincent Lecomte, CEO de BNP Paribas Wealth Management et Lutz Diederichs, CEO de BNP Paribas Germany lors d’une conférence de presse. Il s’agit pour BNP Paribas d’accroître sa force de frappe sur le Mittelstand et les grandes familles à la tête de ces entreprises qui composent le tissu industriel allemand. Les entrepreneurs représentent déjà 40% des actifs sous gestion de BNP Paribas Wealth Management.
«Nous savons que l’Allemagne est un marché fragmenté et très compétitif, mais nous pensons que les expertises de BNP Paribas et HSBC Private Bank combinées ainsi que les capacités qu’offre un groupe bancaire international intégré comme BNP Paribas permettront de faire la différence», a souligné Vincent Lecomte. Le groupe mise sur son approche «one bank» pour servir cette clientèle d’entrepreneurs, et notamment les synergies avec ses autres métiers, en particulier l’immobilier, securities services et global banking.
«Il s’agit d’une opportunité unique. La franchise de HSBC et la nôtre sont assez similaires, en termes de culture, et sur le segment des high net worth individuals (ndlr : plus de 1 million d’euros d’actifs) et ultra high net worth individuals (ndlr : plus de 25 millions d’euros d’actifs)», précise Vincent Lecomte.
120 salariés
Dans un communiqué distinct, HSBC a précisé que l’opération devrait se réaliser au cours du deuxième semestre 2025 après l’accord des autorités compétentes et la conclusion de négociations avec les instances représentatives du personnel en Allemagne. Cette cession devrait générer une plus-value, selon HSBC.
«Environ 120 salariés et les actifs et clients du métier de banque privée de HSBC Allemagne seraient transférés à BNP Paribas dans le cadre de la cession», a ajouté HSBC. Au total, la banque privée de BNP Paribas en Allemagne s’appuiera sur un effectif de 300 salariés.
La transaction permet également à BNP Paribas de renforcer sa présence locale, notamment en Rhénanie du Nord-Westphalie, en intégrant les 6 bureaux de HSBC Private Bank. «Le groupe BNP Paribas a l’habitude des acquisitions et nous sommes confiants dans le fait que cette intégration se passera de manière fluide», ajoute Vincent Lecomte.
Avec plus de 42% du capital, la banque italienne devrait être en mesure d'imposer ses vues au conseil de sa concurrente allemande. Pour pouvoir en tirer tous les bénéfices financiers, il faudra toutefois probablement qu’elle monte au-delà de 60%.
Dans un monde où la technologie s’affiche souvent comme une fin en soi, les banques privées rappellent une évidence : son rôle est de disparaître pour mieux servir. Ici, la data et l’IA ne sont pas des outils de disruption, mais des leviers de confiance et de précision au service d’une relation client exigeante. Une vision qui interroge : et si le vrai luxe technologique était de ne plus en parler ?
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