BNP Paribas n’augmentera que faiblement les salaires en 2024
Ils espéraient que le rattrapage amorcé l’an dernier sur les salaires se poursuive. Après trois séances de négociation tendues et une suspension du dialogue social, la direction de BNP Paribas a consenti à des augmentations collectives modérées au 1ᵉʳ avril 2024, bien en deçà de ce qui avait été pratiqué l’an dernier. Selon nos informations, les deux organisations syndicales représentatives de BNP Paribas SA, le SNB et la CFDT, ont refusé de signer la proposition qui leur a été faite vendredi dernier.
Ce refus entraîne donc l’adoption d’une mesure unilatérale de la part de la direction de la banque française. Celle-ci devrait augmenter de 700 euros les salaires bruts annuels inférieurs à 60.000 euros et de 800 euros les salaires excédant ce montant au 1ᵉʳ avril prochain. La mesure reste inférieure à la négociation annuelle obligatoire (NAO) 2023 qui s’était conclue par un accord sur une hausse générale de 3% pour les salaires compris entre 40.000 et 60.000 euros, et allant jusqu’à 5,9% pour les salaires inférieurs.
Prime et augmentations individuelles
BNP Paribas compte, par ailleurs, verser en décembre prochain une prime de partage de la valeur – donc exonérée de charges fiscales et sociales – de 1.000 euros pour les salaires annuels inférieurs à trois Smic, comme le prévoit le dispositif créé par le gouvernement d’Elisabeth Borne à l’été 2022. Par souci d’équité, la banque française choisit également de distribuer une prime du même montant aux salariés dont la rémunération brute annuelle excède trois Smic, celle-ci n’étant pas défiscalisée.
L’enveloppe des augmentations individuelles est, en outre, revue à la hausse, à 1,6% de la masse salariale, contre 1,5% précédemment. Un geste encore insuffisant pour la CFDT, qui réclame un retour à l’enveloppe pratiquée avant la lourde amende infligée par les Etats-Unis à BNP Paribas en 2014.
Pour justifier ses mesures salariales en 2024, la direction de la banque française aurait évoqué les incertitudes macroéconomiques ainsi que la taxation à laquelle elle doit être soumise en Belgique. Les syndicats, qui avaient appelé à la grève en faveur du pouvoir d’achat le 13 octobre dernier, sont restés fidèles à leur ligne. «La direction nous a fait vendredi dernier une proposition salariale qui n’est pas à la hauteur et nous ne pouvons l’accepter», explique Richard Pons, délégué syndical national CFDT. «Le niveau de l’inflation reste fort en 2023 et nous espérions un rattrapage», justifie de son côté Rémi Gandon, délégué syndical national SNB. «Même si la NAO pour l’exercice 2024 n’a pas abouti à la signature d’un accord, des mesures salariales collectives, avec une prime exceptionnelle versée dès décembre et une mesure d’augmentation générale des salaires pour près de 95% des collaborateurs de BNP Paribas SA seront mises en place», répond la banque française. BNP Paribas SA compte 42.000 salariés, dans la banque de détail et les fonctions supports.
Après un effet rattrapage important l’an dernier, les négociations annuelles obligatoires dans les banques françaises devraient déboucher sur des augmentations plus modérées. Elles s’ouvrent la semaine prochaine à la Société Générale. L’an dernier, la banque rouge et noire avait accordé sa deuxième augmentation collective en dix ans.
Plus d'articles du même thème
-
Les émissions de titrisations SRT battent des records malgré la guerre
Ces opérations de transferts de risque synthétique (SRT) pourraient à nouveau battre des records en 2026. Les statistiques, tout comme les pratiques à risques, restent cependant peu documentées. -
Les banques de la zone euro continuent à durcir l’accès au crédit
Les banques de la zone euro ont encore durci leurs conditions d’octroi de crédit au deuxième trimestre en raison de craintes liées à l’instabilité géopolitique notamment. Elles prévoient un nouveau resserrement de ces conditions au cours du troisième trimestre, selon la dernière Bank Lending Survey (BLS) de la Banque centrale européenne (BCE). -
Sophie Seugnet prend la tête des activités de transaction services d’ING France
La banque y accompagne les grandes entreprises dans la gestion des flux financiers, les opérations internationales et les besoins de financement.
ETF à la Une
La Corée du Sud suspend la cotation des ETF à effet de levier
- Les créanciers d’Altice International contre-attaquent
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur du luxe amorce une reprise au deuxième trimestre
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF Etoiles du nordEmploi des seniors : ce que la France fait moins bien que les pays nordiques, d’après le Haut-Commissariat au Plan
L’institut piloté par Clément Beaune passe au crible les failles françaises face aux champions nordiques et dévoile à l’Opinion ses pistes pour doper la transition emploi-retraite ainsi que la formation des moins jeunes -
UltimatumMonique Barbut va présenter sa démission à Emmanuel Macron
La ministre de la Transition écologique a annoncé mardi soir, devant plusieurs médias dont l'Opinion, qu'elle présenterait sa démission au chef de l'Etat. En cause : le refus du gouvernement de revenir sur la réintroduction encadrée de l'acétamipride dans la loi agricole -
RemaniementSNCF : Jean Castex impose sa marque en remaniant la direction de SNCF Voyageurs
Le patron du groupe ferroviaire souhaite « impulser une nouvelle dynamique » chez sa filiale. En interne, Jean Castex défend une autre conception de la décentralisation des activités de sa filiale