BNP Paribas et BPCE lancent leur coentreprise dans les paiements
Conformément à ce qu’ils avaient annoncé en juin dernier, BNP Paribas et BPCE ont officialisé ce jeudi la création d’une coentreprise dans le domaine des paiements.
Baptisé Estreem, la société détenue à 50% par chacune des deux banques se présente comme «un nouveau leader français du processing de paiement». Elle se fixe l’ambition d’atteindre le top 3 européen.
Les deux groupes «entendent s’appuyer sur une plateforme monétique qui intègre les meilleures normes technologiques dans le domaine des paiements, y compris des services instantanés, des solutions multi-schemes (Visa, Mastercard, CB, etc.) et des fonctionnalités adaptées à de nombreux pays». Le portefeuille électronique européen Wero sera également intégré.
Depuis 2005, BNP Paribas et BPCE étaient déjà associés via la coentreprise Partecis qui fournit une plateforme informatique commune pour la gestion des transactions monétiques.
Un «coup dur» pour Worldline
Estreem comptera 300 salariés, y compris ceux déjà employés via Partecis, et sera dirigé par Antoine Leclercq et Vincent Querette, respectivement directeur général et directeur général délégué. La société revendique 17 milliards de transactions, soit «30% du volume des paiements par carte en France».
La «bascule des opérations de processing monétique depuis les établissements bancaires des deux groupes vers Estreem pour la France» aura lieu en 2027-2028 avant l’ouverture de la plateforme à d’autres banques et une expansion européenne, notamment en Belgique et en Italie, à partir de 2028.
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Cette alliance entre BNP Paribas et BPCE «est un coup dur pour Worldine qui doit faire face à un concurrent de taille sur le marché français», estiment les analystes d’Octo Finances. Alors que le spécialiste des paiements est déjà allié au Crédit Agricole dans le domaine, «un potentiel partenariat avec BNP Paribas ou BPCE était une potentielle source de croissance pour Worldline. Malheureusement, les deux banques françaises considèrent cette activité de paiements comme «core business» et elles ne veulent pas être dépendantes d’une contrepartie tierce», jugent les spécialistes d’Octo.
«Nous voulons faire concurrence aux grands acteurs industriels des paiements en Europe», ne s’était pas caché Thierry Laborde, directeur général délégué de BNP Paribas, en juin 2024.
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