La vidéo du jour : une activité boursière au-dessous du médiocre au premier semestre
L’OPA de Capgemini sur Altran ne doit pas faire illusion : les OPA deviennent exceptionnelles à Paris, ce qui confirme que les activités de marché sur actions, en dépit des cours élevés, sont décidément à marée basse.
Une raison de plus pour hâter les réflexions de Place sur les moyens de relancer l’investissement en valeurs cotées. Il y a urgence.
S’agissant de l’ensemble des activités de marché sur actions au premier semestre, les volumes sont étiques : de 3,4 milliards à fin juin 2019, selon la Société Générale, comprenant à la fois les émissions d’actions et de produits basés sur les actions, OPA, retraits de la cote, IPO et placements de blocs.
Nous voici revenus aux niveaux de 2010-2011, au plus fort de la crise de la zone euro. Sur le chiffre de 2019, les offres publiques, retraits de la cote compris, comptent pour un quart de milliard d’euros, soit quatre fois moins qu’en 2018 et très loin des niveaux de la belle année 2017.
Les raisons sont connues : risques élevés d’échec, notamment pour cause de droits de vote doubles généralisés rendant les cibles mieux défendues, complexité, délais très longs…
Du côté des IPO, le constat n’est pas plus reluisant, au contraire, avec quelques millions d’euros levés sur le marché au premier semestre.
Certaines opérations importantes, comme Verallia ou Française des Jeux, sont annoncées pour la deuxième partie de l’année, mais ne parviendront pas à la sauver.
Cette absence d’animation de la cote, en un temps où les financements bon marché abondent, peut naturellement s’expliquer par la richesse d’alternatives aux levées en Bourse. Mais cela ne saurait tout justifier, notamment le manque de réflexions sur les freins à une vie boursière plus active.
De ce point de vue, l’abaissement à 90% du seuil de retrait obligatoire après une offre publique, voté dans la loi Pacte, est un utile premier pas, pour contourner plus facilement les professionnels de l’obstruction boursière, fonds d’arbitrages notamment.
Mais en attendant que la fin de l’argent facile rende son attrait à l’appel à l’épargne publique, d’autres réflexions sont nécessaires, voire urgentes.
Ainsi, la remise, en principe imminente, du rapport demandé par Bercy à l’ancien patron de la banque d’investissement d’UBS en France Philippe Tibi, sur les moyens de relancer les introductions en France, est-elle particulièrement attendue.
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