La vidéo du jour : Un stress croissant affecte des marchés du crédit en fin de cycle
Les excès commis par les investisseurs sur les marchés du crédit, notables depuis de longs mois, ont atteint de tels niveaux que leurs conséquences sont de plus en plus visibles : une volatilité parfois inexpliquée et une illiquidité croissante affligeant des souches d’emprunts a priori sans histoire.
La quête de rendements, quel qu’en soit le prix, est bien sûr à la base des dysfonctionnements présents sur ces marchés.
En cette ère de taux écrasés par les banques centrales, la qualité des émetteurs est devenu le cadet des soucis des investisseurs, fascinés par les taux affichés plus que par la notation de l’émetteur, la maturité ou la catégorie du papier proposée.
Or le virage annoncé par la Réserve fédérale puis la BCE de revenir à une politique monétaire plus classique a changé la donne.
L’absence imminente de la BCE sur le marché des titres d’entreprises rend celle des banques, qui autrefois «tenaient le marché», souvent critiques pour des investisseurs peu prudents.
C’est le cas sur le marché des obligations à haut rendement mais aussi s’agissant d’émetteurs en catégorie d’investissement. En fait, pour ces deux catégories de crédit aux Etats-Unis comme en Europe, les rendements des indices de référence sont négatifs pour 2018.
Longtemps indifférents à cette réalité, les investisseurs se sont réveillés récemment, sous l’influence de décisions majeures comme celle de Moody’s de dégrader de deux crans la dette de General Electric fin octobre.
C’est à ce moment qu’ils se sont souvenus que le géant industriel traînait une dette nette de plus de 100 milliards de dollars, selon une note de JPMorgan.
Du coup les primes de risques se sont tendues sur les obligations d’entreprise à des niveaux plus revus depuis 2016, en Europe comme aux Etats-Unis, faisant craindre la dégradation en «junk bonds» d’émetteurs triple B.
Evaluer proprement leur dette est même de plus en plus ardu, comme certains émetteurs ont pu le constater à leurs dépens lors de transactions récentes.
Pour eux, volatilité et illiquidité sont comme les deux faces d’une même monnaie. Or cette situation dangereuse n’est pas sans rappeler celle qui prévalait au milieu des années 2000, à la fin d’un autre cycle du crédit, resté douloureusement fameux...
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT« La santé mentale va devenir un facteur de différenciation entre les entreprises et aussi un critère d’investissement »
Entretien entre Denis Panel, CEO de Sycomore AM, et Christophe André, psychiatre et auteur. -
Olivier Bertin, Caisse d’épargne Île-de-France : « La gestion des risques existait avant Trump »
Olivier Bertin, le responsable du département trésorerie-investissements de la Caisse d’épargne Île-de-France, était l’invité de l’Institutional Day organisé par L’Agefi en juin dernier et a répondu à nos questions sur le thème de la gestion des risques. -
Wim Vermeir (AG Assurances - Ageas) : «Le marché est porteur mais nous restons neutre dans notre allocation stratégique»
Depuis l’élection de Trump, l’instabilité géopolitique et économique semble être devenue la nouvelle norme. Wim Vermeir, le directeur des investissements d’AG Assurance – Ageas, invité lors de l’Institutional Day organisé par L’Agefi le 30 juin dernier, explique comment la gestion des risques s’adapte à ce nouveau contexte. -
Céline Boué (Korege) : « La cartographie des risques nous permet de naviguer comme avec une carte de navigation »
Dans un environnement instable, la gestion des risques consiste à distinguer le bon risque du mauvais risque, avec un point d’attention particulier pour les risques majeurs, explique Céline Boué, la directrice des investissements de Korege (Groupe Matmut) à L'Agefi à l'occasion de l'événement Instit Day. -
PARTENARIAT« Réindustrialiser nécessite de bien orienter les investissements vers les éléments clés des chaînes de valeur »
Interview vidéo avec Eric de Tessières, Group Chief Sustainability Officer d’Edmond de Rothschild
Contenu de nos partenaires
-
ConvergencesDroite et centre : un programme (déjà) commun pour 2027
En attaquant Gabriel Attal pour plagiat, David Lisnard montre qu'il existe quelques grands axes politiques autour desquels les candidats de l'ex-majorité présidentielle et Les Républicains peuvent s'entendre -
Présidentielle : la bataille du « socle commun » passe aussi par le Sénat
Les sénatoriales ne devraient pas bouleverser les équilibres de la Chambre haute. Mais l’arrivée probable d’un groupe RN et l’affaiblissement de la droite qu’elle entraînera, pourrait transformer le Palais du Luxembourg en terrain d’expérimentation de la présidentielle -
Spiritisme« En maintenant caché le Guide suprême, le régime iranien veut semer la confusion »
Le président iranien a évoqué une communication « difficile » avec Mojtaba Khamenei, qui n'est toujours pas apparu en public