La vidéo du jour : Réforme de l’épargne, gare aux effets de bord !

Philippe Mudry

Après l’institution de la flat tax, le gouvernement pourrait en 2018 réformer en profondeur l’assurance vie.

Le député du Modem Jean-Noël Barrot et la patronne de la société d’investissement The Family Alice Zagury ont remis hier au ministre Bruno Le Maire leurs réflexions sur le financement des entreprises. Le locataire de Bercy pourra s’en inspirer pour préparer sa loi entreprise, attendue au printemps.

Constatant que les Français investissent peu dans les entreprises, ils proposent une double réforme radicale : primo, pour préparer sa retraite, qui n’est pas la vocation de l’assurance vie, un « compte avenir » s’y substituerait, comportant peu de possibilités de déblocage et une sortie privilégiée en rente.

Secundo, pour inciter à l’investissement long sans pénaliser les assureurs tenus à des contraintes de liquidité, la limitation des droits de succession et l’abattement fiscal annuel de 9.200 euros pour un couple seraient conditionnés « au respect de certaines contraintes de durée de détention ».

Rien n’oblige le ministre à reprendre ces idées qui susciteront sans doute des tirs de barrages nourris. Mais il ne faut pas sous-estimer leur effet sur les assurés qui, face au risque de mise en cause des avantages fiscaux, pourraient modifier sans délai leurs investissements.

Le risque n’est pas théorique. Le simple fait de passer à la retenue à la source en 2019 va inciter les épargnants à renoncer à abonder leurs Perp, régimes d’entreprise ou fonds de pension de la fonction publique Préfon, puisqu’aucun avantage fiscal ne pourra en découler cette année-là.

Préfon pourrait perdre plus d’un tiers de sa collecte en 2018 et 2019, soit plus d’un milliard par an.

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