La vidéo du jour : L’offensive d’Amazon dans l’alimentaire ne concerne pas que les Etats-Unis
Alexandre Bompard, futur patron de Carrefour, savait que le dossier du e-commerce figurerait en haut de sa pile de priorités. Il ne se doutait pas qu’Amazon lui lancerait si tôt un défi dans son cœur de métier.
Certes le rachat du spécialiste du bio Whole Foods, à la veille du week-end, concerne avant tout les distributeurs alimentaires américains. D’où la déroute boursière des Walmart, Kroger, Target et autres Costco.
Sur ce marché hyperconcurrentiel, une bataille féroce pour les parts de marché est engagée. D’où des marges laminées qui n’annoncent pas pour le géant de la logistique une promenade de santé. D’autant moins que les discounters allemands Aldi et Lidl entendent y jouer leur partie à fond.
Reste que la sévère correction essuyée par les européens Tesco, Metro ou Sainsbury’s montre que pour les investisseurs, c’est bien au-delà des Etats-Unis que les conséquences de cette irruption d’Amazon sur le marché des produits frais seront ressenties. Car Amazon ne connaît pour terrain de jeu que le monde.
Aussi, dans le cas du champion national français, en recul de 3,2% vendredi, Alexandre Bompard devra arrêter sans délai la stratégie le plus propre à mettre son groupe en ordre de bataille.
Or son problème est double. D’abord Carrefour est très en retard dans le commerce électronique, qui ne pèse que 2,5% de son chiffre d’affaires, et ne maîtrise pas le «big data».
Si l’expérience du jeune dirigeant à la Fnac lui sera précieuse pour relever ce premier défi, le second ne sera pas moins redoutable : celui des hyper, son cœur de métier, dont le déclin n’a pas trouvé de solution. Or Alexandre Bompard n’a aucune formation d’épicier. Le temps d’en acquérir une lui sera chichement compté.
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