La vidéo du jour : l’Italie ne soldera pas sa crise bancaire sans une solide migraine
L’Italie s’apprête à sortir son système bancaire de la zone de risque systémique dans laquelle la crise de la zone euro puis les déboires de son économie l’avaient entraîné.
Mais elle n’en a pas pour autant fini avec ce secteur fragile, dont la convalescence risque encore de donner aux politiques de solides migraines.
Avec le concours de Blackrock, les banques italiennes viennent d’accepter de recapitaliser la banque Carige, dernière grosse source de déstabilisation potentielle pour le système financier de la Péninsule après le sauvetage de Monte dei Paschi di Siena.
Le gérant mettra 400 millions d’euros, dont une partie bénéficiera aux actionnaires actuels de Carige, le pool bancaire se chargeant des 320 millions restants.
Conjuguée avec la conjoncture plutôt meilleure que prévu dans la zone euro, ainsi qu’avec le délestage qui se poursuit de portefeuilles de prêts non performants, la situation des banques italiennes continue donc de s’améliorer. Pour autant, les croire désormais tirées d’affaire serait fort aventureux.
A court terme, Rome n’a pas fini de batailler avec les détracteurs de son plan, incompatible avec les règles de sauvetage bancaire adoptées par l’Union, visant à rembourser des actionnaires et investisseurs obligataires transalpins dans six petites banques locales.
Il ne s’agit pas, cette fois, d’une affaire systémique mais de principe : l’Italie considère que les règles en vigueur à l’époque de l’investissement étaient différentes, et par conséquent que le risque afférent l’était aussi.
L’idée que ces épargnants, dont tous n’étaient pas conscients de la nature de leur investissement, puissent ne pas être traités selon les toutes nouvelles règles de l’Union n’effraie donc pas le gouvernement.
A l’inverse, certains politiques européens, comme Markus Ferber, leader conservateur au Parlement européen, jugent qu’il s’agirait là d’un fâcheux précédent.
Surtout, ce sont les marchés qui risquent de continuer à mener la vie dure aux banques italiennes. Encore lestées de centaines de milliards de dettes publiques et de quelque 190 milliards de créances douteuses à fin 2018, il demeure très coûteux pour elles de se refinancer.
Tout en mettant en garde les banques italiennes contre une détérioration de la conjoncture, la Banque d’Italie récemment notait que leur retour sur fonds propres était inférieur de 4,5 points de pourcentage à leur coût du capital, au contraire de leurs rivales européennes, dont la profitabilité excède celui-ci de près d’un point.
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