La vidéo du jour : Les «gilets jaunes» vont donner un coup de frein à la croissance
L’équation économique de la France était déjà difficile à résoudre avant le mouvement des «gilets jaunes» ; après, elle promet d’être carrément impossible.
Dans sa deuxième estimation de la croissance au dernier trimestre, la Banque de France a chaussé les lunettes grises : après avoir sondé les chefs d’entreprise, elle ne retient qu’un rythme de hausse du PIB divisé par deux, à 0,2 point contre 0,4 prévu jusqu’ici. Cela signifie que l’activité restera sur le même bas plateau que celui qu’elle connaît depuis le printemps, après le trou d’air de l’hiver passé.
Pour l’instant, le gouvernement est plus prudent, en ne prévoyant qu’une baisse de 0,1 point. Plus prudent car aussi plus politique : Bruno Le Maire exclut ainsi pour l’instant d’inscrire ce ralentissement annoncé dans les chiffres officiels, avec une hausse attendue de l’activité sur l’année toujours fixée à 1,7%.
L’institut de conjoncture Rexecode remarque qu’il faut du temps pour que les effets de tels événements soient pleinement ressentis.
Parce qu’ils perturbent «les activités de distribution en premier lieu» et parce qu’ils peuvent «influencer la perception de l’étranger vis-à-vis de la France».
Et d’ajouter : «le mouvement social actuel ressemble, toutes proportions gardées, aux suites économiques de vagues d’attentats ou de heurts violents».
Cette partie de poker menteur autour de la croissance n’aurait qu’une importance anecdotique, compte tenu du fait que l’année 2018 est déjà quasiment terminée, si elle ne commandait pas les prévisions budgétaires de fin 2018 et 2019.
Les rentrées fiscales seront forcément moins importantes tandis qu’à l’inverse, des mesures conjoncturelles destinées à faire droit aux revendications des manifestations auront un impact sur la dépense publique.
Voilà qui n’arrangera pas le débat budgétaire difficile avec Bruxelles. On voit mal en effet comment Paris pourra réviser notablement sa trajectoire en ce domaine au moment précis où Rome se voit, pour la même raison, imposer les fourches caudines de la Commission.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT« La santé mentale va devenir un facteur de différenciation entre les entreprises et aussi un critère d’investissement »
Entretien entre Denis Panel, CEO de Sycomore AM, et Christophe André, psychiatre et auteur. -
Olivier Bertin, Caisse d’épargne Île-de-France : « La gestion des risques existait avant Trump »
Olivier Bertin, le responsable du département trésorerie-investissements de la Caisse d’épargne Île-de-France, était l’invité de l’Institutional Day organisé par L’Agefi en juin dernier et a répondu à nos questions sur le thème de la gestion des risques. -
Wim Vermeir (AG Assurances - Ageas) : «Le marché est porteur mais nous restons neutre dans notre allocation stratégique»
Depuis l’élection de Trump, l’instabilité géopolitique et économique semble être devenue la nouvelle norme. Wim Vermeir, le directeur des investissements d’AG Assurance – Ageas, invité lors de l’Institutional Day organisé par L’Agefi le 30 juin dernier, explique comment la gestion des risques s’adapte à ce nouveau contexte. -
Céline Boué (Korege) : « La cartographie des risques nous permet de naviguer comme avec une carte de navigation »
Dans un environnement instable, la gestion des risques consiste à distinguer le bon risque du mauvais risque, avec un point d’attention particulier pour les risques majeurs, explique Céline Boué, la directrice des investissements de Korege (Groupe Matmut) à L'Agefi à l'occasion de l'événement Instit Day. -
PARTENARIAT« Réindustrialiser nécessite de bien orienter les investissements vers les éléments clés des chaînes de valeur »
Interview vidéo avec Eric de Tessières, Group Chief Sustainability Officer d’Edmond de Rothschild
Contenu de nos partenaires
-
ConvergencesDroite et centre : un programme (déjà) commun pour 2027
En attaquant Gabriel Attal pour plagiat, David Lisnard montre qu'il existe quelques grands axes politiques autour desquels les candidats de l'ex-majorité présidentielle et Les Républicains peuvent s'entendre -
Présidentielle : la bataille du « socle commun » passe aussi par le Sénat
Les sénatoriales ne devraient pas bouleverser les équilibres de la Chambre haute. Mais l’arrivée probable d’un groupe RN et l’affaiblissement de la droite qu’elle entraînera, pourrait transformer le Palais du Luxembourg en terrain d’expérimentation de la présidentielle -
Spiritisme« En maintenant caché le Guide suprême, le régime iranien veut semer la confusion »
Le président iranien a évoqué une communication « difficile » avec Mojtaba Khamenei, qui n'est toujours pas apparu en public