La vidéo du jour : Les banques européennes, éternelles mal-aimées des marchés
2019 sera-t-elle l’année du rebond pour les valeurs bancaires européennes ? C’est tout le mal que l’on peut souhaiter aux investisseurs après l’exercice cataclysmique qui vient de s’achever pour eux. En 2018, les 50 premières banques cotées de la zone euro ont perdu en moyenne un tiers de leur valeur en Bourse. L’indice large Stoxx 600 fait à peine mieux : -28% en un an. Du jamais vu depuis 2011, année de crise des dettes souveraines en zone euro. Entre la montée du risque politique en Europe, les craintes sur le commerce mondial, l’introuvable remontée des taux et des accidents industriels spécifiques comme ceux de Deutsche Bank, le secteur n’a pas été à la fête l’an dernier.
Les banques européennes se paient désormais en moyenne 40% en dessous de leur actif net comptable en Bourse, deux fois moins cher que leurs grandes concurrentes américaines. A ce tarif, il serait tentant d’investir, mais ces niveaux de valorisation ne font que refléter les perspectives macroéconomiques peu engageantes du secteur. La remontée tant attendue des taux d’intérêt, favorable à la reconstitution des marges dans la banque de détail, paraît toujours aussi lointaine : en 3 mois, les taux longs allemands et français ont même continué à baisser. Le risque politique demeure élevé, tous les regards étant tournés ce trimestre vers le Royaume-Uni et les conséquences du Brexit. Le niveau des créances douteuses baisse régulièrement, mais le coup de frein économique laisse craindre une dégradation de l’activité des banques. Ajoutons à cela les défis au long cours du secteur, tels que la pression sur les tarifs et le coût de la transformation numérique, et les investisseurs ont toutes les raisons de douter d’une hausse des bénéfices par action en 2019. Le contraste est frappant avec les banques américaines, en position d’oligopole sur leur marché domestique et favorisées par des régulateurs financiers qui assouplissent leurs exigences depuis l’élection de Donald Trump.
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