La vidéo du jour : Le vent tourne sur le marché des obligations d’entreprise
2018, année du retournement sur le marché de la dette d’entreprise ? Les investisseurs se montrent en tous cas plus sélectifs vis-à-vis des emprunteurs. La société Synthomer est la dernière à en avoir fait les frais. Ce fabricant britannique de polymères a renoncé le 28 juin à placer 300 millions d’euros d’obligations notées high yield, en raison d’un taux d’intérêt jugé trop cher.
C’est déjà la dixième fois cette année qu’une entreprise de la catégorie spéculative annule un projet d’emprunt. Il s’agit même du sixième échec en un mois. Les entreprises notées dans la catégorie supérieure – investment grade – n’échappent pas non plus à la sanction. Atlantia, le gestionnaire italien d’autoroutes et d’aéroports, souhaitait ainsi financer à bon compte sur le marché obligataire le rachat du groupe espagnol Abertis. Mais la crise politique en Italie a renchéri ses coûts de financements, et le groupe est aujourd’hui contraint de se tourner vers ses banques.
Ces dernières années, poussés par la faiblesse des taux et le programme de rachat de la Banque centrale européenne, les investisseurs privés achetaient quasiment les yeux fermés toutes les dettes d’entreprises qu’on leur proposait. Le vent recommence à tourner en leur faveur. Le rendement moyen des obligations high yield en euros dépasse désormais 4%, une première depuis fin 2016.
Plusieurs menaces pointent en effet à l’horizon : les suites de la crise en Italie, donc, mais aussi le ralentissement économique, les premiers effets des mesures protectionnistes sur les bénéfices des entreprises, et l’arrêt des achats de la BCE. Certes, d’autres indicateurs restent au beau fixe. Les taux de défaut des entreprises sont historiquement bas et les émissions de dette en euros se poursuivent à un rythme soutenu : la barre des 100 milliards d’euros a été dépassée sur le seul mois de juin. Mais les investisseurs avisés se souviendront que lors de la dernière grande crise, les premiers signaux d’alerte sont venus des marchés de crédit.
Plus d'articles du même thème
-
Diana Hazvartian (CDC) : "Les taux de défaut sur la dette privée sont historiquement bas en Europe"
Selon la responsable des investissements en dette privée de la Caisse des dépôts, il ne faut pas faire d'amalgame entre les Etats-Unis et l'Europe en matière de dette privée. Néanmoins, il convient de rester vigilant sur cette classe d'actifs dont le marché est en plein essor. -
PARTENARIAT« La volonté de souveraineté des Etats estompe les avantages compétitifs des multinationales »
Interview de Jacques-André Nadal, Directeur général délégué en charge des gestions de Covéa Finance. -
PARTENARIATQuelles perspectives pour un marché de l’épargne en pleine transformation ?
Julien Ducoup, Partner, Responsable du secteur de l’assurance et Nicolas Boulay, Partner, Assurance, au sein de Square Management, évoquent dans cette interview vidéo les thèmes qui seront débattus lors de cet évènement, le jeudi 18 juin prochain, à partir de 17h30 au Shangri-La. -
PARTENARIATRéinventer la contactabilité à l’ère des interactions
L'enjeu n'est plus d'augmenter le volume des interactions, mais d'en améliorer la pertinence et l'efficacité. C'est précisément ce que permet Spacivox. -
Léovic Lecluze (Groupe Matmut) : « On est encore rémunérés pour le risque mais plus pour la prime d'illiquidité »
L’investissement dans la dette privée fait toujours sens, selon la conviction du directeur des investissements du groupe Matmut, mais il convient d’être prudent sur le type de risque pris. -
PARTENARIAT« Coface un dispositif de Back Up Servicing robuste au service de la sécurisation des opérations de titrisation »
Interview vidéo avec Rachid Aoulad Hadj, Directeur des ventes sur les solutions de recouvrement pour l’Europe de l’Ouest, Coface.
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
Contenu de nos partenaires
-
Jouer avec le feuEntre les Etats-Unis et l’Iran, le jeu dangereux de la confrontation sans escalade
Pour chacune des deux parties, l'objectif est de ne pas perdre la face. Et de garder intacts les leviers de négociation toujours en cours -
BagarreLes Vingt-Sept se jettent dans la mêlée budgétaire
Les gouvernements s’apprêtent à ouvrir les négociations pour l’exercice 2028-2034. Le chiffre de départ : près de 2 000 milliards d’euros -
Sky is the limit« L'entrée en Bourse de SpaceX dira si les marchés veulent suivre Elon Musk »
Pour la chercheuse Julia Tréhu, une IPO ratée pourrait raviver la crainte d'une bulle spéculative dans l'IA