La vidéo du jour : Le retour en grâce de l’euro monnaie de réserve masque ses faiblesses structurelles
A l’heure de ses vingt ans, l’euro confirme son lent retour en grâce comme monnaie de réserve : selon les statistiques du FMI, à la fin 2018, la monnaie unique comptait pour 20,69% des réserves des banques centrales, soit 1,5 point de plus que fin 2016, son plus bas niveau depuis son lancement en 1998.
Cette bonne nouvelle confirme que la crise de confiance qui avait suivi la crise de la zone euro dans les années 2010 est close pour les banquiers centraux.
Il faut encore noter que la seconde place de l’euro, derrière le dollar, est incontestable : ainsi, son usage comme devise de réserve est quatre fois supérieur à celui de son premier poursuivant, le yen.
Voilà pour le côté pile. Côté face, l’euro reste loin de son plus haut niveau d’usage, plus de 27% en 2009, et à distance considérable du dollar.
Celui-ci compte encore pour 61,7% des réserves mondiales. D’ailleurs son rôle international reste écrasant, qu’il s’agisse de son usage sur les marchés de la dette ou des changes. Seule exception, le marché global des paiements où l’euro est presqu’aussi utilisé que le billet vert.
De fait, l’euro n’est pas encore en voie de concurrencer vraiment le dollar. Certes, dans une note publiée hier, Patrick Artus, économiste en chef de Natixis, pointe que le niveau de la dette extérieure nette des Etats-Unis devient préoccupante, à près de 50% du PIB.
Mais c’est pour noter aussitôt que les capacités de redressement budgétaire du pays, la profondeur de son marché souverain et l’absence de tout investissement alternatif au dollar pour les investisseurs internationaux, le mettent à l’abri de toute crise sérieuse de financement.
Un jugement que confirme Hélène Rey : dans une présentation lors d’un colloque organisé par la Banque de France et le Forum pour la finance et la monnaie européenne (Suerf), la professeure à la London School of Economics pointe notamment l’absence de marché unifié de la dette en euro parmi les faiblesses structurelles de la monnaie unique.
Mais elle en souligne aussi une autre : la vulnérabilité du système financier européen au stress de marché, voire aux défaillances bancaires, fait peser un risque trop lourd sur l’investisseur pour que l’euro puisse concurrencer le dollar.
Tant que risques souverains et crises financières auront partie liée en Europe, écrit-elle, aucune chance de voir la monnaie unique se hisser au rang qu’espéraient pour elle ses fondateurs.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT
Réinventer la contactabilité à l’ère des interactions
L'enjeu n'est plus d'augmenter le volume des interactions, mais d'en améliorer la pertinence et l'efficacité. C'est précisément ce que permet Spacivox. -
Léovic Lecluze (Groupe Matmut) : « On est encore rémunérés pour le risque mais plus pour la prime d'illiquidité »
L’investissement dans la dette privée fait toujours sens, selon la conviction du directeur des investissements du groupe Matmut, mais il convient d’être prudent sur le type de risque pris. -
PARTENARIAT« Coface un dispositif de Back Up Servicing robuste au service de la sécurisation des opérations de titrisation »
Interview vidéo avec Rachid Aoulad Hadj, Directeur des ventes sur les solutions de recouvrement pour l’Europe de l’Ouest, Coface. -
PARTENARIAT« Il faut connecter la data, les métiers et l’intelligence artificielle »
Entretien avec Raphaël Savy, Regional Vice-Président Europe du sud d’Alteryx. -
Deepah Colombel (Crédit Agricole Assurances) : « Il n’y a pas de risque systémique en cours sur la dette privée »
La responsable de l’investissement en dette privée chez Crédit Agricole Assurances revient sur la crise qui entoure certains fonds de dette privée aux Etats-Unis. -
PARTENARIAT« Dans le secteur bancaire, les systèmes cloud pourront répondre aux nouvelles exigences de marché »
Entretien avec Camille de Mari, Directeur Issuing Data Solutions de Visa, pour la France, la Belgique et le Luxembourg.
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Troisième acteVotre bilan retraite est-il encore à jour ? Pourquoi 2026 est l'année pour le refaire – les conseils d'Emmanuel Grimaud
Chaque semaine, avec l’Opinion, retrouvez les conseils d’Emmanuel Grimaud, président de Maximis et expert en gestion des fins de carrière pour mieux gérer votre troisième partie de vie professionnelle -
Donald Trump lié à de lucratives transactions financières impliquant de grandes entreprises américaines
Sur les trois premiers mois de l’année 2026, le président américain a acheté et vendu des actifs financiers. Et ce, pour un montant compris entre 220 et 750 millions de dollars. Ce qui pose question -
Guerre en Ukraine : au moins 24 morts à Kiev après une attaque russe massive
Kiev - Le bilan des bombardements russes massifs qui ont frappé Kiev dans la nuit de mercredi à jeudi s’est alourdi à 24 morts dont trois enfants, ont annoncé tôt vendredi les services de secours, alors que se poursuivent les opérations de déblaiement d’un immeuble effondré.