La vidéo du jour : Le Portugal rappelle à l’Italie l’urgence d’assainir ses banques
Tandis que l’Italie s’apprête à engager avec l’Union européenne une bruyante épreuve de force budgétaire, au risque d’en subir les conséquences sur des marchés nerveux, le Portugal au contraire sort définitivement du purgatoire en réintégrant la catégorie d’investissement selon Moody’s.
Non seulement parce qu’une action radicale sur les déficits budgétaires, notamment primaires, a permis de réduire la dette «à un rythme graduel mais soutenable», mais encore parce que la restructuration de ses banques les plus faibles a amenuisé la menace que ce secteur faisait peser sur les équilibres économiques. L’Italie ferait bien de méditer la leçon.
Car le Portugal va pouvoir ainsi compter sur le retour des grands institutionnels sur sa dette nationale. C’est sans doute là l’une des explications principales de la belle résistance des taux portugais au risque de contagion venue d’Italie ces derniers jours.
Alors que les taux portugais ont cru de 25% depuis leur plus bas niveau d’avril, gagnant quelque 40 points de base, les italiens ont doublé, bondissant de 175 pb.
Les banques italiennes, dont les coffres contiennent encore près de 400 milliards d’euros de bons du trésor nationaux, soit près de 15% de leurs actifs, ont payé chèrement le mini-krach obligataire italien. Leurs coûts de financement ont explosé, au plus haut depuis près de cinq ans.
Or le prix à payer sera encore bien plus élevé si Rome s’obstine dans son bras de fer avec Bruxelles. La dévaluation des actifs obligataires des banques sera inévitable avec à la clé des recapitalisations supplémentaires à boucler.
Cette double peine infligée aux banques ne manquerait pas à son tour de se répercuter sur l’économie tout entière, notamment en limitant la croissance du pays. Là encore, le Portugal montre la voie à suivre : la stabilisation des banques portugaises explique en partie que le pays ait pu augmenter son potentiel de croissance, le portant de 0,3% entre 2010 et 2017 à 1,5% en 2018.
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