La vidéo du jour : Le devenir du commerce multilatéral, enjeu central pour le FMI
Quand les historiens se pencheront sur les grandes victimes de la crise financière, ils pourraient bien devoir y inclure le commerce multilatéral, dont l’OMC est le régulateur.
En cette fin des années 2010, tout se passe comme si le commerce bilatéral prenait sa grande revanche, et pour longtemps. Au grand dam du FMI.
Les Etats-Unis de Donald Trump ont lancé une offensive tous azimuts de dénonciation des accords multilatéraux existants pour les remplacer par des traités différents, comme l’accord trilatéral conclu, mais pas encore ratifié, avec le Mexique et le Canada.
L’Europe, championne du multilatéralisme, a signé de son côté l’an dernier un nouvel accord avec le Canada, et doit, à son corps défendant, en négocier un autre avec le Royaume Uni, dans le cadre du Brexit ; tout en demeurant sous forte pression pour repenser son commerce avec l’Amérique.
«Les mécanismes politiques multilatéraux, notamment en matière commerciale, sont sous tension», constate, inquiet, le FMI dans ses Perspectives d’automne, publiées mardi.
Et d’ajouter : «Les impacts de la politique commerciale et l’incertitude deviennent évidents au niveau macro-économique.»
Là gît un des risques économiques principaux, juge-t-il, en soulignant «le risque de rupture des chaînes d’approvisionnement» en cas d’escalade sino-américaine, surtout dans l’automobile.
Pour l’heure, les nuages qui s’amoncellent dans le ciel commercial n’ont pas encore d’incidence majeure sur la croissance mondiale, qui se maintient sur un plateau élevé, de 3,7% prévisible en 2018 et 2019.
Mais on notera que les économies avancées pourraient perdre, selon le Fonds, 0,3 point de croissance en moyenne l’an prochain, en partie déjà pour raisons commerciales, notamment aux Etats-Unis.
Quant à la Chine, elle pourrait perdre 0,4 point, et même davantage si elle ne mettait en place de vigoureuses mesures conjoncturelles correctrices.
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