La vidéo du jour : La brutalité «trumpienne» se diffuse dans le monde des affaires
Donald Trump a fait de la brutalité sa marque distinctive, volontiers délivrée sous forme de «tweets» rageurs. Il semble que les entreprises américaines trouvent cette pratique finalement très à leur goût. Deux exemples récents au moins en témoignent en France.
Ford d’abord : dans un communiqué alambiqué et d’une rare hypocrisie, le constructeur américain a annoncé hier son rejet du plan de reprise de son usine girondine de Blanquefort, 850 salariés aujourd’hui, par le groupe belge Punch. La raison ? Il craint que ce plan ne présente des « risques significatifs », et ne garantisse pas « le niveau de sécurité et de protection » que Ford assure vouloir assurer à son personnel et à leurs emplois.
Si l’on comprend bien, Ford préfère risquer la fermeture d’un site plutôt que de voir des emplois menacés par un repreneur. On n’est pas plus obligeant.
Ni plus cynique : tel est bien le fond de la pensée de Bruno Le Maire qui, à très juste titre, a fustigé le groupe automobile américain. En dépit de neuf rounds de négociations avec les parties concernées, y compris Bercy, Ford ne l’a même pas pris au téléphone pour lui annoncer sa décision !
Ce cas en évoque beaucoup un autre, proche de son épilogue lui aussi, celui de General Electric. Après avoir passé la bagatelle de 20 milliards d’euros de dépréciations d’actifs dans ses comptes en octobre, le groupe américain attend sans bruit la fin de son engagement, jamais tenu, de créer 1.000 emplois dans son filiale française Alstom.
Fin décembre, la promesse sera caduque, et le PDG de GE Larry Culp aura les mains libres. Certes, il lui en coûtera plusieurs dizaines de millions d’euros pour n’avoir pas tenu parole. Mais il pourrait en coûter bien davantage aux salariés, dont 16.000 travaillent encore chez GE France.
Et il en coûtera aussi beaucoup aux décideurs publics. Car cette nouvelle forme de mépris signifie pour eux, non seulement des sinistres industriels d’ampleur supplémentaires à gérer, mais aussi la fin d’une époque où des accords entre gouvernements et investisseurs étrangers étaient possibles et respectés.
En cas de raidissement des premiers à l’égard des seconds, il n’y aura pas lieu de s’en étonner.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT« La santé mentale va devenir un facteur de différenciation entre les entreprises et aussi un critère d’investissement »
Entretien entre Denis Panel, CEO de Sycomore AM, et Christophe André, psychiatre et auteur. -
Olivier Bertin, Caisse d’épargne Île-de-France : « La gestion des risques existait avant Trump »
Olivier Bertin, le responsable du département trésorerie-investissements de la Caisse d’épargne Île-de-France, était l’invité de l’Institutional Day organisé par L’Agefi en juin dernier et a répondu à nos questions sur le thème de la gestion des risques. -
Wim Vermeir (AG Assurances - Ageas) : «Le marché est porteur mais nous restons neutre dans notre allocation stratégique»
Depuis l’élection de Trump, l’instabilité géopolitique et économique semble être devenue la nouvelle norme. Wim Vermeir, le directeur des investissements d’AG Assurance – Ageas, invité lors de l’Institutional Day organisé par L’Agefi le 30 juin dernier, explique comment la gestion des risques s’adapte à ce nouveau contexte. -
Céline Boué (Korege) : « La cartographie des risques nous permet de naviguer comme avec une carte de navigation »
Dans un environnement instable, la gestion des risques consiste à distinguer le bon risque du mauvais risque, avec un point d’attention particulier pour les risques majeurs, explique Céline Boué, la directrice des investissements de Korege (Groupe Matmut) à L'Agefi à l'occasion de l'événement Instit Day. -
PARTENARIAT« Réindustrialiser nécessite de bien orienter les investissements vers les éléments clés des chaînes de valeur »
Interview vidéo avec Eric de Tessières, Group Chief Sustainability Officer d’Edmond de Rothschild
Contenu de nos partenaires
-
ConvergencesDroite et centre : un programme (déjà) commun pour 2027
En attaquant Gabriel Attal pour plagiat, David Lisnard montre qu'il existe quelques grands axes politiques autour desquels les candidats de l'ex-majorité présidentielle et Les Républicains peuvent s'entendre -
Présidentielle : la bataille du « socle commun » passe aussi par le Sénat
Les sénatoriales ne devraient pas bouleverser les équilibres de la Chambre haute. Mais l’arrivée probable d’un groupe RN et l’affaiblissement de la droite qu’elle entraînera, pourrait transformer le Palais du Luxembourg en terrain d’expérimentation de la présidentielle -
Spiritisme« En maintenant caché le Guide suprême, le régime iranien veut semer la confusion »
Le président iranien a évoqué une communication « difficile » avec Mojtaba Khamenei, qui n'est toujours pas apparu en public