La vidéo du jour : ADP ne pourra pas s’affranchir totalement des intérêts publics
En première ligne dans le débat houleux sur les rapports villes-campagnes, les responsables politiques des sept départements franciliens ont choisi d’enfiler un gilet jaune par-dessus leur costume d’élu local à propos de la privatisation d’ADP.
Autour d’un message simple : «celle-ci ne pourra se faire d’en haut et sans nous». A priori, le discours, déjà largement relayé par le Sénat, n’est pas nouveau.
Mais ces collectivités territoriales affirment avoir les moyens financiers de leurs ambitions, à savoir prendre 29,9% du capital de l’aéroport à privatiser, avec le concours d’un… fonds de capital-investissement, Ardian, aux fortes ambitions dans les infrastructures.
Cette alliance capitalistique paraît aussi opportuniste et astucieuse côté Ardian, qui joue la contre-programmation face au géant de l’aéroportuaire Vinci, qu’incongrue du côté des élus locaux.
Ceux-ci ne comptent-ils pas dans leurs rangs nombre de contempteurs patentés de la finance ? Mais à la guerre comme à la guerre !... L’efficacité politique de leur offensive ne devrait d’ailleurs guère en souffrir.
De par sa qualité d’opérateur dominant en France et aussi en Europe, son importance en matière de sécurité et de transports publics, enfin du fait de son domaine foncier de près de 6.700 hectares, on comprend sans peine qu’ADP est un actif majeur aux yeux des collectivités locales au point de vouloir peser sur sa gouvernance.
Celles-ci auront d’autant moins de peine à convaincre l’opinion du bien-fondé de leur combat que les exemples de collectivités actionnaires de leurs aéroports locaux abondent, en France comme à l’étranger.
Reste à connaître les détails sonnants et trébuchants de cette offre, pour l’instant surtout médiatique ; la répartition des apports entre les futurs actionnaires ainsi que la politique qu’ils entendent mener seront importantes.
Le niveau de participation qu’ils réclament devra aussi être compatible avec les exigences de la législation boursière, ainsi qu’avec les ambitions des autres actionnaires candidats avec lesquels il faudra cohabiter.
Les échanges avec Bercy sont loin d’être bouclés. Mais en affirmant qu’en cas de privatisation à 100%, ils ne déposeront pas d’offres, les départements franciliens mettent l’exécutif devant un choix radical et lourd de sens dans la crise actuelle.
Sauf à passer clairement en force, l’Elysée devra composer d’une manière ou d’une autre avec d’autres intérêts publics.
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