Elliott fait de l’Europe son premier terrain de chasse
Les actionnaires de Telecom Italia sont appelés vendredi matin en assemblée générale à choisir leur camp : celui de Vincent Bolloré et Vivendi, qui contrôlent l’opérateur télécoms italien, ou celui du fonds activiste Elliott, vent debout contre l’homme d’affaires français. Le dossier donne lieu depuis des mois à une lutte sans merci entre les deux parties. Il montre surtout que le hedge fund ne se connaît désormais plus aucune limite en Europe. Elliott avait bien ouvert un bureau à Londres dès 2004, mais il s’était jusqu’à présent largement illustré par ses campagnes sur le continent américain. Il s’est rendu célèbre en forçant l’Argentine à honorer une partie de ses dettes après 10 ans de procès. Mais depuis un an, Elliott penche vers le vieux continent. Il a révélé une quinzaine de prises de participations dans des entreprises européennes, dont huit en 2018. A son tableau de chasse, on trouve le groupe de télévision payante Sky, Telecom Italia, ou encore le britannique Whitbread. Ce dernier constitue un cas d’école : Elliott a dévoilé le 14 avril une part de 6% au capital du groupe hôtelier et de restauration. Seulement 11 jours plus tard, sous la pression de cet actionnaire encombrant, Whitbread annonçait la scission de sa chaîne de cafés Costa Coffee, un concurrent de Starbucks. C’est bien la preuve que les investisseurs, de ce côté-ci de l’Atlantique, se montrent sensibles au discours des fonds activistes, qui ont perdu de leur caractère sulfureux. Avec 35 milliards de dollars d’actifs sous gestion, Elliott a les moyens de jouer les trouble-fête. Ses deux principaux concurrents européens, le britannique TCI et le suédois Cevian Capital, gèrent à eux deux moins de 30 milliards. D’ailleurs, Paul Singer, le fondateur d’Elliott, n’a pas confié la direction de ses activités européennes au premier venu : c’est son propre fils, Gordon, qui s’en charge depuis Londres.
Plus d'articles du même thème
-
Edouard Clausse (Harvest) : "Il est préférable de hâter les transmissions pour profiter du Pacte Dutreil avant 2027"
Les sujets juridiques et fiscaux s'imposent au cœur de la gestion de patrimoine. Edouard Clausse, ingénieur patrimonial chez Harvest, revient pour L'Agefi Patrimoine sur les derniers changements opérés lors du vote du budget 2026 et sur le rôle essentiel des conseillers lors de périodes d'incertitude. -
PARTENARIAT« La santé mentale va devenir un facteur de différenciation entre les entreprises et aussi un critère d’investissement »
Entretien entre Denis Panel, CEO de Sycomore AM, et Christophe André, psychiatre et auteur. -
Olivier Bertin, Caisse d’épargne Île-de-France : « La gestion des risques existait avant Trump »
Olivier Bertin, le responsable du département trésorerie-investissements de la Caisse d’épargne Île-de-France, était l’invité de l’Institutional Day organisé par L’Agefi en juin dernier et a répondu à nos questions sur le thème de la gestion des risques. -
Wim Vermeir (AG Assurances - Ageas) : «Le marché est porteur mais nous restons neutre dans notre allocation stratégique»
Depuis l’élection de Trump, l’instabilité géopolitique et économique semble être devenue la nouvelle norme. Wim Vermeir, le directeur des investissements d’AG Assurance – Ageas, invité lors de l’Institutional Day organisé par L’Agefi le 30 juin dernier, explique comment la gestion des risques s’adapte à ce nouveau contexte. -
Céline Boué (Korege) : « La cartographie des risques nous permet de naviguer comme avec une carte de navigation »
Dans un environnement instable, la gestion des risques consiste à distinguer le bon risque du mauvais risque, avec un point d’attention particulier pour les risques majeurs, explique Céline Boué, la directrice des investissements de Korege (Groupe Matmut) à L'Agefi à l'occasion de l'événement Instit Day.
Contenu de nos partenaires
-
Série d'étéMoi, Sébastien Proto, président : « Je réhabiliterais la notion de croissance »
SERIE. A la demande de l'Opinion, le patron d'Elsan et ancien directeur de cabinet des ministères du Budget et du Travail se glisse dans les habits du locataire de l'Elysée et imagine ses priorités -
Choix publicsL'éclipse de l'intelligence
Après une énième polémique absurde sur la fourniture par l'Etat de lunettes pour regarder l'éclipse solaire du 12 août, il est difficile de ne pas se résoudre à conclure qu’une partie des élites politiques, administratives et intellectuelles a renoncé à l’intelligence -
That is the questionSe rapprocher ou non de l’extrême droite ? Le dilemme de Nigel Farage
La réélection du populiste à Clacton n'éteint ni les affaires financières qui le visent, ni la concurrence du parti identitaire Restore