Si un client s’attend à ce qu’on lui mente, est-ce illégal de lui mentir ? C’est en substance la défense de James Im, ancien trader chez Nomura, et accusé par la Securities and Exchange Commission d’avoir été trop créatif sur le prix des obligations qu’il vendait – prétendant être en négociation avec une tierce partie inexistante, par exemple. « Ce mensonge visait à éviter une conversation inconfortable et à ne pas sembler pinailler sur les prix », a expliqué James Im. Qui a ajouté que, comme ses clients lui mentaient aussi, cela n’avait jamais eu d’incidence sur leurs décisions d’investissement. L’accusé rappelle aussi qu’il s’agit d’investisseurs sophistiqués qui s’appuient sur des modèles complexes pour valoriser les obligations, et qu’ils ne prennent pas les déclarations de traders pour argent comptant. On les comprend.
Il s’agit du volume de pétrole supplémentaire importé de Russie par les pétrolières chinoises depuis le début de la guerre. Des achats limités au regard du surplus russe, et qui sont très discrets : les entreprises craignent les sanctions secondaires qui pourraient les frapper. Sans compter que la demande reste étouffée par la politique zéro Covid.
Accélération. Réouverture post-Covid de l’économie mondiale, invasion de l’Ukraine, sans oublier l’actuelle politique zéro-Covid de la Chine, les facteurs s’enchaînent pour permettre à l’inflation de « fai[re] un retour remarqué en zone euro », sur fond de perturbations des chaînes d’approvisionnement et de hausse du coût des intrants, comme le notent les experts d’Allianz Trade (ex-Euler Hermes, numéro un mondial de l’assurance-crédit, photo). Qui ont relevé à 6,5 % leur prévision pour 2022, « avec un pic particulièrement haut » au deuxième trimestre. « En cas d’absence d’escalade de la crise ukrainienne », l’inflation pourrait s’assagir à 2,5 % l’an prochain, selon Ana Boata, directrice de la recherche économique d’Allianz Trade. L’inflation française pourrait atteindre 4,3 % en 2022. Un niveau plus bas que dans l’ensemble de la zone, du fait d’une relative moindre dépendance aux énergies russes mais aussi de l’action publique : le plafonnement des prix de l’électricité permettrait d’abaisser l’inflation de 1,5 point et les subventions sur le prix de l’essence de 0,3 point.
Réflexion. La Banque des règlements internationaux vient de publier une enquête auprès de 81 banques centrales pour évaluer leur degré de confiance et de maturité concernant l’émission et les usages de monnaies numériques de banque centrale (MNBC). La plupart d’entre elles travaillent sur le sujet et plus de la moitié sont entrées en phase de développement ou d’expérimentation. Les travaux concernant les MNBC de détail ont bien avancé, les deux tiers des banques interrogées envisagent l’émission d’une telle MNBC dans un futur proche, à l’instar des Bahamas, de la Chine, de l’Organisation des Etats de la Caraïbe orientale et du Nigeria. Les MNBC sont perçues, surtout dans les pays en développement, comme un moyen d’inclusion financière ou permettant une meilleure efficacité des paiements domestiques ou transfrontaliers.
Le « temps du vrai changement » est-il arrivé pour l’Irlande du Nord, comme le promettaient ces candidats du Sinn Féin à la députation (photo) ? Le parti nationaliste, favorable à la réunification de l’Irlande, a remporté le 8 mai une victoire historique au Parlement, dépassant son principal rival, le Parti unioniste démocrate (DUP), pro-britannique. Problème : les accords de paix du Vendredi saint de 1998, qui avaient mis fin à la guerre civile, stipulent qu’un Premier ministre nationaliste ne peut pas diriger la province sans un vice-Premier ministre unioniste. Or le DUP suspend sa participation à une renégociation du protocole nord-irlandais dans le cadre du Brexit. Sans compromis, il reviendrait à Londres de gérer en direct les affaires courantes.
Le président tchèque Milos Zeman a nommé mercredi Ales Michl, actuellement l’un des membres du conseil d’administration de la banque centrale, au poste de nouveau gouverneur. Il remplacera le gouverneur sortant Jiri Rusnok à partir de juillet.
L’inflation aux Etats-Unis a ralenti pour la première fois depuis huit mois en avril, sous l’effet d’une modération des prix de l'énergie, mais est restée plus élevée qu’anticipé par les investisseurs.
La banque centrale de Malaisie a relevé mercredi de façon inattendue son taux d’intérêt de référence par rapport à un creux historique, alors que la hausse des prix des matières premières, les chaînes d’approvisionnement tendues et la forte demande ont attisé les pressions inflationnistes.
Morgan Stanley prévoit que la croissance économique mondiale sera amputée de moitié en 2022 par rapport à l’an dernier. La croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait s’élever à 2,9% en 2022, estime la banque d’investissement américaine, soit environ 40 points de base en dessous du consensus, après une croissance économique estimée à 6,2% en 2021.
Les banques centrales doivent relever leur taux pour endiguer une inflation dont les causes leur échappent sans casser la croissance ni la capacité des Etats à investir pour le long terme.
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a déclaré mercredi que la première hausse des taux en zone euro pourrait intervenir «quelques semaines seulement» après la fin des achats net d’actifs, renforçant ainsi l’hypothèse d’un resserrement de la politique monétaire en juillet.
BlackRock prévient qu’il soutiendra probablement moins de résolutions liées au climat cette année qu’en 2021, estimant que certaines d’entre elles sont devenues «trop prescriptives et contraignantes» et ne sont pas en phase avec les intérêts financiers des clients sur le long terme. En 2021, la plus grande société de gestion au monde, qui gère près de 10.000 milliards de dollars d’actifs, avait apporté son soutien à 47 % des propositions d’actionnaires environnementales et sociales. BlackRock note dans un document du BlackRock Investment Stewardship, que certaines dynamiques sont à l’œuvre pour la première fois lors de cette nouvelle saison des assemblées générales. Aux Etats-Unis, un changement de la réglementation a conduit à une explosion des résolutions d’actionnaires «de qualité variée» sur les sujets sociaux et environnementaux. «Notre première évaluation montre que nombre des propositions qui sont soumises au vote sont plus prescriptives et contraignantes à l’égard du management que celles sur lesquelles nous avons voté l’an dernier», note le groupe. Ce dernier observe aussi que l’environnement a changé avec l’invasion de l’Ukraine, et que cela provoque davantage d’investissements à court terme dans les énergies traditionnelles. La société de gestion se dit particulièrement prudente à l’égard des propositions qui visent par exemple à cesser de financer les entreprises d’énergie fossiles, forcer à déclasser des actifs d’entreprises d’énergie traditionnelles, qui exigent l’alignement des modèles d’affaires des banques ou entreprises d’énergie uniquement à un scénario 1,5 degré, ou demandent l’établissement d’objectifs absolus sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour le scope 3. «Nous ne les considérons pas comme étant cohérents avec les intérêts à long terme de nos clients», écrit le groupe. En revanche, BlackRock prévoit de continuer de voter en faveur de propositions qui demandent une transparence accrue ou poussent les entreprises qui ne disposent pas de plan de transition à en établir un.
La Commission européenne envisage une nouvelle émission conjointe de dette par le bloc des Vingt-Sept afin de combler le déficit de liquidités de l’Ukraine, qui s’élève à 15 milliards d’euros, au cours des trois prochains mois, selon deux responsables de l’Union européenne (UE) cités mardi par Reuters. Une proposition de la Commission doit être publiée le 18 mai, a déclaré un fonctionnaire européen. Le nouvel emprunt commun de l’UE, s’il est approuvé, pourrait être fondé sur le système SURE déjà mis en place pour le financement des allocations de chômage pendant la pandémie de Covid-19, ont déclaré les responsables. Cela signifierait que l’Ukraine obtiendrait des prêts très bon marché de l’Union européenne (UE). Les gouvernements de l’UE devraient garantir que les emprunts communs seront remboursés. L’UE s’attend à ce que les Etats-Unis se joignent à cette opération et fournissent environ 5 milliards d’euros, ce qui laisserait à l’UE la responsabilité de lever quelque 10 milliards d’euros par le biais de l’emprunt commun.
Elon Musk, qui va prendre le contrôle de Twitter et se présente comme un fervent défenseur de la liberté d’expression, a déclaré mardi qu’il comptait annuler l’exclusion de Donald Trump du réseau social, considérant cette mesure comme «moralement mauvaise et complètement stupide». La décision de suspendre de manière permanente le compte Twitter de l’ex-président américain n’a pas poussé ce dernier au silence et a au contraire rendu son opinion encore plus populaire auprès de l'électorat de droite aux Etats-Unis, a estimé l’homme d’affaires. Donald Trump a déclaré récemment qu’il n’entendait pas revenir sur Twitter même si le réseau social était racheté par Elon Musk, ajoutant qu’il privilégiait la plateforme qu’il a lancée en février, appelée Truth Social.
Le moral des investisseurs en Allemagne s’est légèrement amélioré en mai, contre toute attente, leurs prévisions sur l'évolution de la conjoncture économique étant un peu moins pessimistes qu’auparavant, montrait mardi l’enquête de l’institut d'études économiques ZEW. L’indice mesurant leur sentiment est remonté à -34,3 après -41,0 en avril alors que le consensus Reuters anticipait un nouveau recul à -42,0. Le sous-indice du jugement des investisseurs sur la situation actuelle a en revanche reculé à un un plus bas d’un an à -36,5 après -30,8 le mois dernier. Le consensus le donnait à -35,0. Une importante majorité a dit s’attendre à ce que la Banque centrale européenne (BCE) commence à relever ses taux d’intérêt d’ici six mois.
BlackRock et d'autres avaient fait du marché chinois leur pari en 2022. Ils revoient leur copie alors que la stratégie zéro-Covid de Pékin met l’économie à l’arrêt.
La Commission européenne envisage une nouvelle émission conjointe de dette par le bloc des Vingt-Sept afin de combler le déficit de liquidités de l’Ukraine, qui s’élève à 15 milliards d’euros, au cours des trois prochains mois, selon deux responsables de l’Union européenne (UE) cités par Reuters.
Le géant américain de la santé Pfizer va acquérir les actions Biohaven Pharmaceuticals qu’il ne détient pas encore au prix de 148,50 dollars par action, représentant une prime de 78% sur le cours de clôture du 9 mai. En pré-ouverture à Wall Street, le titre bondissait de 72%. L’opération valorise le spécialiste des traitements contre la migraine 11,6 milliards de dollars. Les activités du groupe dans le développement d’autres médicaments seront mises en Bourse séparément. L’entité, baptisée New Biohaven, sera distribuée aux actionnaires actuels de l’entreprise.
Les swaps dollar/yuan à un an sont tombés mardi en territoire négatif pour la première fois depuis plus de trois ans. Les points de swap à un an ont touché un creux de -40 pb, le niveau le plus bas depuis mars 2019.
Le moral des investisseurs en Allemagne s’est légèrement amélioré en mai, contre toute attente, leurs prévisions sur l'évolution de la conjoncture économique étant un peu moins pessimistes qu’auparavant, montre mardi l’enquête de l’institut d'études économiques ZEW.