Un sinistre industriel majeur se profile chez GE France
20 milliards d’euros : si la dépréciation de ses actifs dans l’énergie que General Electric s’apprête à passer dans ses comptes 2018 n’atteint pas un record absolu, elle ne doit pas en être loin !
Or cette énorme ardoise risque d’avoir des conséquences graves en France.
En crise aigüe, qui a justifié le limogeage express de son PDG, sans courtoisie excessive, GE se dirige tout droit vers une nouvelle restructuration.
Et celle-ci pourrait mettre un terme à la relative mansuétude qu’il a observée à l’égard de l’emploi en France depuis le rachat de la division énergie d’Alstom, bouclé fin 2015.
On se souvient que GE, pour répondre aux demandes de l’Etat français, s’était engagé à créer 1.000 emplois nets en France.
S’il ne l’a pas fait, en raison de la récession qui a touché l’industrie des équipements énergétiques, et si l’emploi en France n’a pas été totalement préservé, les coupes ont été moins claires que dans d’autres pays d’Europe.
Mais les engagements pris tombent à fin 2018. Autant dire que le nouveau Pdg Larry Culp aura très vite les mains libres.
Et ce ne sont pas les 50.000 euros par emploi non créé qui pourront en quoi que ce soit l’arrêter : quand on consent à une restructuration financière de 20 milliards d’euros, quelques dizaines de millions de plus ne pèsent pas lourd dans la balance.
C’est donc un sinistre industriel de grande ampleur dont le gouvernement risque d’hériter à brève échéance.
Travaillent en effet chez GE France quelque 16.000 collaborateurs, dont 11.000 dans la branche énergie.
La France accueille cinq sièges mondiaux de GE dans cette activité, Renewable Energy, Hydro, Éolien en mer, Grid Solutions et Power Conversion.
Quant à Belfort, il est le centre technologique pour les Turbines à gaz 50 Hz et le siège de la joint-venture GE Alstom Nucléaire.
De quoi justifier une vigilance maximale sur l’avenir de ce bassin d’emplois.
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