Philippe Soulenq (Spie) : «L’association des critères financiers et extra-financiers va devenir la norme»
Le virage ESG, la direction de la trésorerie du groupe Spie l’a pris il y a un an environ. «En 2022, nous avions un certain nombre d’échéances de refinancement à gérer et c’est à cette occasion que nous avons fait le choix d’intégrer les critères extra-financiers, a indiqué Philippe Soulenq, directeur trésorerie et financement au sein du groupe Spie. Cela a commencé en octobre 2022 avec le ‘closing’ d’un refinancement de 1,2 milliard d’euros».
Dans ce cadre, le directeur de la trésorerie a choisi d’aligner toute la partie financement sur la partie ESG et de se caler avec la feuille de route RSE du groupe. Ainsi, en concertation avec Isabelle Lambert, directrice Responsabilité Sociale des Entreprises Groupe, Philippe Soulenq a défini un contrat-cadre, «un framework ESG», définissant à la fois les critères clés et les objectifs de performance associés aux critères ESG. Dès lors, toutes les opérations de financement suivantes réalisées par Spie se sont alignées sur ce contrat-cadre.
Portée par une volonté affichée du groupe Spie, cette évolution répond également à une demande des partenaires bancaires de l’entreprise, ainsi que de ses investisseurs sur le marché public. «Je suis convaincu que ça deviendra la norme», a estimé Philippe Soulenq.
Trois objectifs
Dans le détail, Spie s’est fixé trois grands objectifs extra-financiers : «Augmenter la part de notre chiffre d’affaires alignée sur la taxonomie européenne en ciblant 50 % d’ici à 2025 ; décarboner nos opérations et notre chaîne de valeur pour respecter le scénario du SBTI visant une élévation de la température moyenne limitée à 1,5°C d’ici à 2050 et accroître la part des femmes dans les fonctions managériales clés», a énuméré Isabelle Lambert.
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Pour certifier de la robustesse et de l’ambition de ces indicateurs de performance, Spie a fait appel à l’agence de notation Moody’s. «Un des objectifs les plus difficiles pour Spie est d’atteindre la barre des 67% de nos fournisseurs qui soient engagés eux-mêmes sur une trajectoire très ambitieuse de leur empreinte carbone», a expliqué la directrice RSE.
Entreprise très décentralisée, Spie compte environ 70.000 fournisseurs, ce qui rend le travail de collecte de la data assez compliqué. «Le fait d’annualiser nos objectifs RSE à l’occasion de nos opérations de refinancement a été très bénéfique pour insuffler du rythme à cette démarche d’engagement en scope 3 », a-t-elle toutefois noté.
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