L’IA bouleverse la fonction trésorerie. Mais au-delà de la technologie, c’est un défi RH majeur qui se profile : comment attirer et retenir les talents dans un métier en pleine mutation ?
Un changement de paradigme inédit
Le métier de trésorier a toujours évolué au gré des innovations technologiques. Mais l’IA représente un changement de nature, pas seulement de degré. Dans certain cas, l’IA vient challenger les méthodes existantes sans les remplacer et, dans d’autre cas améliorer les tâches du quotidien à faible valeur ajoutée.
Selon le Baromètre européen EY de septembre 2025, 44% des entreprises n’obtiennent pas de résultats mesurables de leurs projets IA. La raison ? Rarement la technologie. Presque toujours l’humain.
Car l’IA ne remplace pas les trésoriers, elle transforme radicalement leur rôle. Les tâches répétitives s’automatisent, le temps libéré doit être réinvesti dans l’analyse stratégique et l’optimisation des décisions. Mais ce basculement ne va pas de soi.
La guerre des talents fait rage
Le paradoxe est saisissant : alors que l’IA devait résoudre le problème de ressources, elle l’aggrave à court terme. Les profils hybrides, maîtrisant à la fois la trésorerie et l’IA, sont quasi introuvables. Un trésorier senior n’a généralement pas de compétences en data science. Un data scientist est très éloigné des enjeux de liquidité et des risques de marché.
Les directions financières se retrouvent coincées : transformer rapidement pour rester compétitives, tout en préservant leur capital humain existant. Certaines entreprises tentent de recruter des profils IA et découvrent vite que sans expertise métier, ces recrues produisent des algorithmes sophistiquées… mais inadaptés. D’autres misent sur la formation interne, mais former un trésorier à la data science prend des années.
Par quoi commencer ?
Trois erreurs sont à éviter absolument.
Première erreur : vouloir tout transformer d’un coup. L’approche progressive est la seule viable : commencer par un cas d’usage limité, former les équipes en situation réelle, capitaliser sur les premiers succès avant d’étendre.
Deuxième erreur : négliger la conduite du changement. L’IA suscite des craintes légitimes. « Vais-je être remplacé ? », « Mon expertise va-t-elle devenir obsolète ? ». Ces questions doivent être adressées frontalement, avec transparence. Les trésoriers doivent comprendre que l’IA augmente leurs capacités et ne les remplace pas.
Troisième erreur : sous-estimer le temps nécessaire. Déployer l’IA peut prendre plusieurs mois. Former les équipes, ajuster les processus, construire la confiance demandent du temps.
L’importance d’être accompagné
Bonne nouvelle : vous n’avez pas besoin de recruter des datas scientists ni de transformer vos trésoriers en experts IA.
L’accompagnement par des experts qui combinent expertise trésorerie ET maîtrise l’IA change la donne. Ces profils, souvent d’anciens trésoriers reconvertis ou des datas scientists spécialisés en finance, font le pont entre vos équipes et la technologie. Ils traduisent vos besoins métier en spécifications techniques et forment vos équipes progressivement.
Les trésoriers seront toujours là
L’IA ne signe pas la fin du métier de trésorier. Elle le fait évoluer vers plus de stratégie et de création de valeur. Les trésoriers de demain passeront moins de temps à saisir et contrôler, plus de temps à analyser et optimiser. Leur expertise métier reste irremplaçable.
L’IA ne prend jamais de décision seule. Elle propose, explique, recommande. Mais c’est toujours le trésorier qui valide et décide. Le contrôle humain reste central.
La guerre des talents en trésorerie ne fait que commencer
Les entreprises qui réussiront seront celles qui investiront autant dans l’humain que dans la technologie. Formation, accompagnement, conduite du changement : ces leviers RH sont aussi stratégiques que le choix des algorithmes.
L’avenir appartient aux organisations qui sauront faire collaborer ces deux mondes, avec méthode et patience.
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