Emmanuel Monnet (Worldline) : «L’ESG est une nouvelle frontière pour le trésorier»
“Nous avons défini une feuille de route ESG au niveau du groupe baptisée ‘Trust 2025’ (...). Elle comprend la réduction de l’empreinte environnementale à hauteur de 25% de nos émissions carbone sur les Scope 1 et 2, et l’objectif le plus ambitieux de zéro émission nette en 2050”, précise Emmanuel Monnet qui prend désormais en compte ces objectifs au niveau de la stratégie financière.
“L’ESG est une nouvelle frontière pour le trésorier”, affirme-t-il. Pour ses placements à court terme, Worldline a le souci de sélectionner des produits labellisés ISR et applique une démarche ESG au niveau des 600 millions d’euros d’actifs gérés dans le cadre des fonds de pension du groupe, notamment en Suisse, en Allemagne, en Belgique et au Royaume-Uni. “Dans chacun de ces plans, nous avons une stratégie ESG à l'œuvre, avec un volet restriction et un volet investissement ”, explique Emmanuel Monnet en soulignant que l’enjeu aujourd’hui est de converger vers une stratégie d’investissement commune à l’échelle du groupe.
Worldline s’est également engagé à travers la compensation carbone, en achetant des crédits carbone. “La principale question que l’on va se poser est de savoir si l’on doit se couvrir à terme pour sécuriser notre approvisionnement en crédits carbone. Aujourd’hui, Worldline achète au fil de l’eau notamment en faveur d’un projet de reforestation dans le Maine et Loire. Nous nous demandons s’il faut aller plus loin en investissant dans des produits à terme et des fonds d’investissement qui vont garantir un approvisionnement futur de crédits carbone. Est-ce que l’on peut se faire une conviction sur l’évolution des prix carbone et quels sont les risques associés à cette classe d’actifs ? Ce sont donc des questions très financières et très économiques qui se posent”, affirme Emmanuel Monnet.
Une réflexion en cours côté financement
Worldline n’a en revanche pas encore d’expérience sur l’intégration de critères extra-financiers sur la partie financement. “Sur la partie bancaire, nous avons une ligne de crédit syndiqué qui arrivera à expiration en 2025. La question qui va se poser est de savoir si l’on va intégrer des indicateurs ESG, ce qui va impliquer une négociation avec le syndicat bancaire et une documentation appropriée pour ces indicateurs avec des conséquences s’ils ne sont pas remplis. C’est donc une complexité nouvelle d’un point de vue juridique et financier. Concernant les investissements obligataires qui intégreraient des enjeux ESG, la question qui se pose est celle de la sécurité juridique. Comment peut-on mettre en œuvre des financements qui vont évoluer quand la société va évoluer dans son périmètre ?” s’interroge Emmanuel Monnet. Le stade de la réflexion et de la préparation va donc se poursuivre sur les prochains mois.
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