Un mystérieux investisseur lance une offre sur la dette grecque
La dette grecque, dernier investissement à la mode? Une mystérieuse société basée dans le Rhode-Island (Etats-Unis), Japonica Partners, a annoncé hier son intention de lancer une offre de rachat sur une partie des emprunts du pays. Inconnue des traders obligataires, la société détaillera demain à travers un memorandum ce qu’elle présente comme le premier processus d’enchères «à la hollandaise» à l’initiative d’un investisseur privé sur de la dette souveraine européenne. L’offre sera ouverte jusqu’au 1er juillet.
Japonica Partners vise un total de 2,9 milliards d’euros de titres, soit 10% des emprunts d’Etat grecs en circulation. Il s’agit d’obligations émises en 2012 lors de l’offre d’échange liée à la restructuration de la dette du pays. Le prix proposé est de 45% du pair, soit une prime de 12 points par rapport au prix moyen qu’avait acquitté Athènes en décembre 2012 lors de son offre de rachat. Dans le cadre de mesures destinées à alléger le fardeau de la dette avec l’aide du FMI et de l’Europe, le gouvernement grec avait retiré 31,8 milliards d’euros d’emprunts d’Etat en valeur nominale pour un coût de 10,8 milliards. De nombreux investisseurs, à l’image de BNP Paribas, qui portaient un portefeuille résiduel de dette souveraine grecque, en avaient profité pour sortir complètement.
L’offre de Japonica Partners est en revanche inférieure aux prix de marché, qui se sont redressés à mesure que l’hypothèse d’un maintien de la Grèce en zone euro gagnait en vigueur. La dette du pays se paie aujourd’hui entre 47% et 61% du pair selon les échéances. L’annonce a d’ailleurs eu très peu d’effet hier, avec des variations de rendements de quelques points de base. Mais elle donne aux porteurs actuels de dette grecque qui voudraient encaisser leur plus-value une porte de sortie sur un marché très peu liquide. L’initiateur la justifie par sa «perspective de long terme sur la Grèce et les progrès faits par le pays».
Japonica Partners, qui ne révèle rien de sa surface financière, n’est «ni un fonds, ni un conseil en investissement», selon son site internet. Elle n’a pas de lien avec Athènes et n’a pas sollicité l’accord du pays. La société a été fondée en 1988 par un ancien de Goldman Sachs, Paul Kazarian, et investit dans des actifs décotés. Elle a défrayé la chronique pour la dernière fois lorsqu’elle avait disputé au fonds KKR le contrôle du groupe agroalimentaire américain Borden. C'était… en 1994.
Plus d'articles du même thème
-
Intel prévoit une augmentation de capital de 15 milliards de dollars
Avec un cours multiplié par cinq depuis son plus bas de l’été dernier, Intel capitalise sur l’engouement pour l’IA. Il en profite pour conforter son bilan avec la vente de nouveaux titres. Une première depuis sa cotation en 1971. -
Les perspectives des banques françaises s'assombrissent
Les résultats financiers des banques françaises ont été très solides au premier semestre. Pour autant, il n’y a pas de quoi pavoiser selon Fitch Ratings qui maintient une perspective négative sur le secteur pour 2026. En cause : plusieurs facteurs de risques auxquels le Crédit Mutuel Alliance Fédérale apparaît plus exposé que les autres. -
Les agents immobiliers doivent repenser la prospection avec les nouvelles règles du démarchage
A compter du 11 août, les agents immobiliers ne pourront plus appeler librement les particuliers ayant mis leur bien en vente sur les sites d’annonces. Une interdiction qui pourrait transformer en profondeur les méthodes de prospection d’un secteur habitué au démarchage à froid. -
Robeco privilégie les trajectoires aux historiques d’émissions
L'équation entre le temps court des marchés et le temps long de la transition reste un défi. Le gestionnaire d'actifs néerlandais lance une nouvelle génération d’indices conçue pour identifier les entreprises les mieux préparées aux défis climatiques de demain. -
VanEck s’apprête à lancer un ETF Ucits axé sur l’agroalimentaire
Le gestionnaire d’actifs américain va répliquer son véhicule déjà présent à la Bourse de New York. -
Revolut se soumet au superviseur français pour crédibiliser son modèle
L'agrément de plein exercice obtenu auprès de l'ACPR et de la BCE donne à la néobanque un gage de sérieux auprès des clients comme des investisseurs. Elle doit également lui permettre de libérer un potentiel de croissance important.
ETF à la Une
L&G AM lance le premier ETF UCITS exclusivement dédié aux obligations d’Etat africaines
- De prince déchu de l’IA à lanceur d’alerte malgré lui
- BlackRock lance la tokenisation de ses fonds monétaires UCITS en Europe
- AllianzGI accélère son expansion en Asie avec l'acquisition d'UOB Asset Management
- Oddo BHF met la main sur la plateforme de services aux fonds Ifsam
- Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
Contenu de nos partenaires
-
En apnéePrix des médicaments : l’Europe retient son souffle face à Trump
Le président américain ne décolère pas contre les différentiels de prix des produits pharmaceutiques entre les Etats-Unis et l’Europe, faisant planer la menace d'un affrontement -
En France, un financement des médicaments innovants au bord de l'implosion
L’Assurance maladie ne cesse d’alerter sur l’explosion des dépenses pour les médicaments innovants. Avec les pressions américaines sur les prix, les laboratoires trouvent un argument supplémentaire -
Les réseaux électriques européens à l'épreuve de l'éclipse solaire
Alors que l'énergie solaire représente entre 20 % et 25 % de la production d'électricité de l'UE pendant l'été, les gestionnaires de réseau européens se préparent depuis des mois à cette baisse éphémère de la production