L’Irlande joue la montre pour assurer la survie de son système bancaire
L’Irlande joue la montre. Le nouveau ministre irlandais des Finances, Michael Noonan, a en effet annoncé à Bruxelles que le gouvernement avait besoin d’attendre le résultat des stress tests menés par la banque centrale irlandaise afin d’évaluer l’ampleur des besoins supplémentaires nécessaires pour recapitaliser les banques du pays dans le cadre du plan de sauvetage de l’UE et du FMI. Le résultat des stress tests étant prévus pour la fin du mois, les gouvernements européens devront donc patienter après le Sommet prévu le 24 mars prochain pour sceller définitivement le sort de l’Irlande. «Il n’est pas raisonnable d’attendre des propositions ou des accords définitifs tant que les stress tests sont en cours» a expliqué Michael Noonan après sa rencontre avec le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.
Des discussions avec Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, dont les encours de prêts aux banques irlandaises atteignent 96 milliards d’euros, sont également en cours. Michael Noonan a indiqué qu’il comptait aborder la possibilité «d’un accord pour une plus longue période de réduction de l’endettement» du secteur bancaire, soit un étalement de la vente d’actifs. Et de rappeler que «la méthodologie de la réduction» de l’endettement des banques, et «la façon dont les actifs douteux doivent être traités dans le processus de réduction d’endettement est l’une de nos préoccupations». L’Etat irlandais a déjà injecté 46,3 milliards dans ses banques, soit 29% de son PIB.
Michael Noonan a d’ores et déjà prévenu qu’il serait «surpris» que les 10 milliards d’euros prévus dans le plan de sauvetage soient suffisants pour les besoins immédiats de restructuration des banques irlandaises. Une déclaration qui a provoqué une levée de boucliers de la part d’Olli Rehn, qui a rappelé que «le fonds de stabilisation bancaire est couvert pour les Irlandais eux-mêmes» au travers de son système de retraites et de réserves de trésorerie.
Le gouvernement irlandais, qui cherche à obtenir une réduction du taux d’environ 6% facturé par l’EFSF, était déjà entré ce week-end en conflit avec la France et l’Allemagne qui exigent en contrepartie une hausse du taux d’impôt sur les sociétés excessivement bas, actuellement à 12,5%. Les analystes estiment qu’un point de pourcentage du taux d’intérêt représente 0,4% du PIB annuel, pour un déficit budgétaire estimé à 5,2% en 2014.
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