L’Espagne, l’Union européenne et la France réussissent leurs émissions
Depuis le début de la semaine, l’aversion pour le risque, sur fond de catastrophe au Japon, a entraîné une nette détente des rendements souverains en Europe. Les rendements à dix ans espagnols et français se sont respectivement resserrés de 31 et 10 points de base (pb) depuis le 10 mars. Ce contexte porteur a profité à l’Espagne, la France et l’Union européenne qui sont venues hier solliciter le marché obligataire.
L’Espagne d’abord a émis 4,1 milliards d’euros de titres à 10 et à 30 ans. Le placement a obtenu un plus grand succès que celui mené il y a un mois, d’un montant total de 3,5 milliards sur les mêmes maturités. Le ratio de couverture s’est aussi amélioré. Sur l’opération à dix ans, il s’élève à 1,8 contre 1,54 en février. Sur l’émission à 30 ans, il est ressorti à 2,1 contre 1,53 en février. La dégradation d’un cran de la note de l’Espagne par Moody’s à Aa2 le 10 mars dernier n’a donc pas eu d’effet sur les décisions des investisseurs. Le Trésor espagnol a surtout réussi à obtenir un taux moins élevé que précédemment. Il a placé les obligations à 10 ans à 5,162 % contre 5,2 % en février et celles à 30 ans à 5,875 % contre 5,96 %. Cette tendance est de bon augure pour l’Espagne qui devra rembourser 15,5 milliards d’euros d’obligations le mois prochain. Les rendements obtenus restent cependant supérieurs à ceux des émissions réalisées à l’automne dernier.
Les adjudications de l’Agence France Trésor et de l’Union européenne ont quant à elles profité hier de l’appétit des investisseurs pour les actifs sans risque, notés AAA. La France est parvenue à lever un total de 8,5 milliards d’euros de Bons du Trésor à intérêt annuel (BTAN) à deux et cinq ans, un montant en haut de la fourchette indicative, et 1,76 milliard de titres indexés sur l’inflation.Sur l’adjudication de BTAN, le ratio de couverture a atteint 2,4, un niveau supérieur à la moyenne.
Enfin, l’Union européenne est venue hier sur le marché pour la deuxième émission au nom de l’EFSM, le Mécanisme européen de stabilisation financière, qui finance ainsi l’aide apportée à l’Irlande. 4,6 milliards d’euros à sept ans ont été placés avec un spread de 8 pb au-dessus des taux mid-swaps, en bas de la fourchette indicative. La demande aurait approché 15 milliards d’euros. Début janvier, l’EFSM avait émis 5 milliards d’euros de titres à 5 ans avec un spread de 12 pb au-dessus des taux mid-swaps.
Plus d'articles du même thème
-
Un riche programme pour la première réunion de l’Eurogroupe sous présidence irlandaise
L’Eurogroupe se réunit les 9 et 10 juillet à Bruxelles et doit aborder d’importants sujets économiques et financiers comme le rôle international de l’euro ou la future fonction de supervision de l’Esma. -
Russell se fait racheter par B Capital et Calpers
La société de gestion américaine est cédée par TA Associates et Reverence Capital Partners, ses actionnaires depuis 2016. -
Les gérants actifs subissent le coût du «value for money» au profit des intermédiaires
Les sociétés de gestion ont absorbé l’essentiel de la baisse des frais des unités de compte alors que la part dédiée aux rétrocessions, permettant de rémunérer la distribution, est restée stable. Cette pression sur les marges affecte toujours plus la gestion active. -
Le sommet de l’Otan relance les grandes manœuvres dans la défense européenne
Les opérations financières se multiplient dans le secteur alors que les membres de l’Otan se sont retrouvés en Turquie. La baisse des valorisations depuis six mois facilite aussi les transactions. -
Les family offices sont en quête d'une gouvernance de l'investissement
D'après le dernier rapport de Lombard Odier sur les perspectives des grandes fortunes, près de la moitié de ces structures ne s'appuient pas sur des comités d'investissement ou sur des chartes de politique d'investissement. -
Maekn lance de nouvelles fonctions IA sur sa plateforme de service aux CGP
Avec son nouveau modèle Vera Max, Maekn accompagne les cabinets dans le déploiement de l'intelligence artificielle au sein des équipes.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- L'Ircantec va lancer plusieurs appels d'offres
- Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
Contenu de nos partenaires
-
Sous perfusionAide à domicile : le modèle des prix administrés vacille
La Cour des comptes appelle à libéraliser les tarifs des opérateurs, qui n'y trouvent plus leur compte -
Tribune libreIA : à la question de l'emploi s'ajoute celle du partage de la valeur
La robotisation avait tordu cette courroie de transmission, l'IA menace de la rompre, en automatisant le segment qui restait le socle des salaires -
Antisémitisme et racisme : quelles sont les différences entre la loi Yadan et la loi d'Aurore Bergé ?
Présenté ce jeudi en Conseil des ministres, le nouveau texte porté par Aurore Bergé élargit la lutte contre la haine en renforçant peines et dispositifs quand la proposition Yadan, elle, visait un ciblage plus restreint et controversé