Les marchés comptent sur la BoJ pour mettre un terme à l’envolée du yen
Les marchés japonais sont sous haute tension. Les craintes de catastrophe nucléaire au Japon ont fait grimper le yen à son plus haut niveau depuis la seconde guerre mondiale dans les premiers échanges asiatiques, le billet vert ne valant plus que 76,25 yens en séance. Le précédent record depuis la guerre était de 79,75 yens en avril 1995, suite au tremblement de terre de Kobé. La volatilité implicite à un mois sur le cours du dollar-yen, qui mesure l’amplitude des mouvements de cours anticipés par les marchés, s’est envolée de 32% à 18,66. A titre de comparaison, elle était de seulement 8,50 le 10 mars dernier, soit un jour avant le premier tremblement de terre.
La BoJ s’est ainsi vue contrainte aujourd’hui d’intervenir une nouvelle fois en injectant 5.000 milliards de yens supplémentaires dans le système financier, soit un montant total de 33.000 milliards de yens en une semaine. Elle a également doublé son programme d’assouplissement monétaire à 10.000 milliards de yens. En septembre dernier, la BoJ avait vendu 2.125 milliards de yens sur le marché pour freiner l’appréciation du yen qui pénalise la compétitivité des exportateurs nippons par rapport aux entreprises américaines qui peuvent s’appuyer sur la faiblesse actuelle du dollar entretenue par la politique monétaire accommodante de la Fed, mais également par rapport aux entreprises chinoises qui s’appuient sur un yuan sous-évalué et sous contrôle des autorités.
Nombre d’investisseurs anticipent un rapatriement massif dans l’archipel des fonds détenus par les compagnies d’assurance japonaises à l'étranger, afin de financer les indemnités du séisme. Le débouclage des positions de «carry trade» est également une explication de la hausse du yen, comme l’illustre le fort recul des devises à hauts rendements, comme le dollar australien et le «kiwi» néo-zélandais.
Le gouvernement japonais attribue la flambée du yen à des mouvements spéculatifs, laissant ainsi la porte ouverte à une possible intervention pour endiguer la hausse du yen. Une réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G7 est d’ailleurs prévue aujourd’hui à 22h00 GMT. Si le ministre de l’Economie, Kaoru Yosano, a estimé que l'état actuel des marchés japonais ne nécessitait pas une intervention du G7, comptant sur l’efficacité des interventions de la BoJ, elle reste une bonne option en dernier ressort.
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