Les panélistes gardent une vue positive sur les obligations d’entreprise. Les émissions sont reparties depuis mars
Publié le
Krystèle Tachdjian
Les émissions obligataires sont reparties de l’avant après la pause observée en février. Les incertitudes entourant le paysage politique italien ont été en partie dissipées ces dernières semaines.
Par ailleurs, l’environnement de taux durablement bas continue de soutenir le marché de la dette pour les investisseurs en quête de rendements. Les panélistes de L’Agefi conservent ainsi à une forte majorité leur vue positive sur les obligations d’entreprise. Ils sont ainsi 70% à surpondérer la classe d’actifs, et seulement 10% à la sous-pondérer, tandis que 20% restent neutres. Signe de cet optimisme, Amundi, Axa IM, la Banque Postale AM et Pioneer Investments sont passés de neutre à surpondérer.
Le début d’année avait démarré en fanfare, alimenté notamment par les signatures de la périphérie ayant profité de l’afflux de liquidités des investisseurs qui avaient pour certains manqué le rally de l’année dernière. Le récent succès de l’émission de la banque espagnole BBVA de titres tier 1 compatibles avec Bâle 3 (CRD4) est venu renforcer le sentiment que l’appétit des investisseurs pour le crédit semble sans limite, même lorsque la dette est plus risquée. Les banquiers d’affaires s’attendent encore à une multiplication des émissions de dette tier 1 et tier 2 de la part des institutions financières, soucieuses de se mettre en ligne avec les exigences réglementaires liées à la directive CRD4 afin de rassurer les marchés.
«Les émetteurs les plus sensibles, notamment les financières et les émetteurs des pays périphériques, résistent très bien, même si les meilleures performances proviennent des secteurs les plus défensifs», jugeait récemment Gaëlle Mallejac, directrice de la gestion de taux chez Groupama AM qui a maintenu son exposition neutre sur le crédit. «Le marché nous semble très complaisant, voire trop complaisant. Les valorisations des dettes privées intègrent beaucoup de bonnes nouvelles, principalement économiques, notamment en ce qui concerne les émetteurs espagnols», poursuit-elle.
Plus généralement, le regain d’optimisme des gérants se lit dans la part de cash en portefeuille qui recule à 4,75% pour les prévisions du mois de mai contre 5,21% en avril. A titre d’exemple, Axa IM a choisi de réduire ses liquidités en portefeuille à 1% contre 5% auparavant. A l’inverse, M&G Investments a augmenté son exposition au cash à 7,20% contre 5,5% auparavant. S’agissant des notations, la préférence des panélistes continue d’aller vers les émetteurs de dettes BBB. Tous continuent d’afficher leur approche sélective en matière de crédit même si la plupart d’entre eux ne croient pas à la menace d’une bulle obligataire.
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