Les avancées du G20 Finances laissent les économistes dubitatifs
Des événements du week-end, le G20 Finances a vite été éclipsé par les troubles au Moyen-Orient et la lourde défaite du parti d’Angela Merkel à Hambourg. Les économistes de marché restaient hier dubitatifs devant le compromis trouvé sur une liste d’indicateurs de déséquilibres mondiaux. En cause, l’exclusion des réserves de change et des taux de change effectifs réels de la liste adoptée, sous la pression de la Chine.
Pour Steven Englander, stratégiste change de Citigroup à Londres, «le statu quo fait d’accumulation des réserves mondiales et d’argent facile aux Etats-Unis n’est pas près de changer». «Le marché va considérer que le G20 modifie peu de choses et que la croissance continue des réserves de change permettra de garder intacte la demande pour l’euro» dans le cadre d’une stratégie de diversification des réserves, estimaient de leur côté les stratégistes change de BNP Paribas.
Les négociateurs de l’accord et la présidence française du G20 n’ont certes jamais caché qu’ils entamaient là un processus de longue haleine. Mais les stratégistes de Bank of Tokyo Mistubishi UFJ estiment que les concessions faites à la Chine limitent l’intérêt de l’exercice. «Malheureusement, les recherches académiques ont montré que les taux de change effectifs réels et les réserves de change étaient historiquement les deux meilleurs indicateurs avancés des crises financières», souligne Lee Haardman, économiste de la banque japonaise.
Si l’accord sur la liste des indicateurs constitue malgré tout une avancée arrachée de haute lutte, la suite des discussions tiendra du casse-tête. Il faudra déterminer des limites chiffrées, décider éventuellement d’une mise en place différenciée selon le stade de développement d’un pays ou du cycle économique dans lequel il se trouve, trancher sur les mesures correctrices à adopter, etc...
«Les pays du G20 ne sont pas nécessairement dans le même cycle économique, il n’est sûrement pas souhaitable qu’ils le soient. Comment, dès lors, aborder la question des déséquilibres et au bénéfice de qui ? s’interroge Philippe Waechter, directeur de la recherche économique de Natixis AM. Y a-t-il une instance capable de penser le cycle global et d’imaginer les mesures correctrices dont la mise en place bénéficierait à tous ?» Sans parler de la capacité de cette instance à contraindre des Etats qui sortiraient du cadre fixé.
Plus d'articles du même thème
-
Les lignes bougent dans les projets éoliens aux Etats-Unis
Alors qu’un tribunal fédéral a ordonné à l’administration Trump de lever le gel afférent à l’examen de parcs terrestres, RWE se désengage à son tour de l’éolien en mer dans ce pays. -
Le pétrole reste suspendu aux incertitudes dans le détroit d’Ormuz
Les cours du brut sont repartis à la hausse alors que l’accord entre l’Iran et Oman n’assure pas une réouverture rapide du détroit. Le conflit s’étend désormais au Yémen et à l’Arabie saoudite. -
Volkswagen doit répondre à des injonctions contradictoires
Alors que son actionnaire de référence, Porsche SE, exhorte le groupe à accélérer ses prises de décision pour sortir du marasme, la résistance des salariés et des syndicats se renforce. -
Le manque d’audace pénalise Swiss Re et Munich Re
Malgré des résultats financiers en hausse sur les six premiers mois de l’année, les deux premiers réassureurs mondiaux ont été sanctionnés en Bourse à l’issue de leurs publications semestrielles. Ils n’ont pas su répondre aux attentes des investisseurs, particulièrement exigeants sur les perspectives. -
AllianzGI devient un nouvel émetteur d’ETF sur SIX Swiss Exchange
L’opérateur de la Bourse suisse compte désormais 37 émetteurs d’ETF. -
Le Suisse Cinerius se renforce au Luxembourg en rachetant le gestionnaire de fortune Nordlux
Le groupe suisse Cinerius, déjà implanté au Luxembourg via GSLP, franchit une nouvelle étape stratégique en acquérant Nordlux. Les deux entités, positionnées au Grand-Duché, devraient se rapprocher et représenter une structure de 1,5 milliard d'euros sous gestion.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- De prince déchu de l’IA à lanceur d’alerte malgré lui
- BlackRock lance la tokenisation de ses fonds monétaires UCITS en Europe
- AllianzGI accélère son expansion en Asie avec l'acquisition d'UOB Asset Management
- Oddo BHF met la main sur la plateforme de services aux fonds Ifsam
- Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
Contenu de nos partenaires
-
Etats-Unis : Todd Blanche, ancien avocat de Donald Trump, confirmé à la tête du ministère de la Justice
Le Sénat américain a approuvé samedi 8 août, par 50 voix contre 49, la nomination de Todd Blanche comme ministre de la Justice. Ancien avocat personnel de Donald Trump, il occupait le poste par intérim depuis le limogeage de Pam Bondi en avril -
L'ONU s'apprête à renouveler son contrat avec Palantir malgré les inquiétudes sur la protection des données
Le Programme alimentaire mondial finalise un nouvel accord de cinq ans avec l’entreprise américaine Palantir. Un audit interne de 2025 avait pourtant relevé des lacunes dans la gestion des risques et de sérieuses inquiétudes concernant la protection des données -
Affaire Lyhanna : l'audit recense des enquêtes sur les violences sexuelles sur mineurs « perdues » dans toute la France
Des procédures introuvables, des milliers de dossiers non signalés aux parquets et des enquêteurs débordés ou insuffisamment formés : un état des lieux réalisé après la mort de Lyhanna révèle de graves défaillances dans le traitement des violences sexuelles sur mineurs