Le succès de l'émission slovène offre un répit de court terme au pays
La Slovénie sera-t-elle le prochain domino à tomber en Europe? Le pays s’est donné une bonne bouffée d’air sur ses besoins à court terme grâce au succès de l’émission de 3,5 milliards de dollars (2,7 milliards d’euros) réalisée jeudi dernier, à des taux de 6% sur les titres à 10 ans et de 4,95% sur les titres à 5 ans. Avec ces émissions, le Trésor est parvenu à couvrir les deux tiers de ses besoins pour 2013, estimés à 4 milliards d’euros.
Dans ce contexte, «le gouvernement slovène n’a plus besoin dans l’immédiat de se demander s’il lui faudra faire appel à l’aide de l’Union européenne», estime Aurel ETC Pollak. Les fruits de ces émissions devraient être utilisés à financer le transfert des actifs douteux des trois grandes banques du pays dans une structure de défaisance.
«Mais la situation financière des trois grandes banques nous paraît difficile à cerner», ajoute Aurel ETC Pollak. Bruyette & Woods estime les pertes sur créances à 7,5 milliards d’euros. En retranchant les 3,1 milliards de provisions, il reste 4,4 milliards à couvrir, soit 12,5% du PIB.
La dégradation de sa note souveraine en statut «junk» à Ba1 par Moody’s la semaine dernière avait ravivé les inquiétudes quant aux difficultés structurelles que traverse le pays. L’agence insistait sur le fait que les banques ne peuvent être soutenues que par l’Etat dans un pays en récession, mais aussi sur la hausse rapide de l’endettement public et les difficultés d’accès au marché de la dette.
Le succès des prochaines émissions demeure en effet suspendu à d’éventuelles révisions de notation. L’émission a bénéficié d’un «split rating», S&P et Fitch gratifiant toujours la dette souveraine du pays d’une note de A-, bien ancrée en catégorie investissement et quatre crans au-dessus de celle octroyée par Moody’s. La dernière émission de 1,1 milliard à 18 mois réalisée le 17 avril avait été très largement souscrite par les banques locales.
En outre, si le niveau d’endettement public reste faible à 54% du PIB fin 2012, c’est sa trajectoire qui inquiète Moody’s. La dette représentait 22% du PIB fin 2008, et devrait atteindre 61% en 2015-2016. Avec un PIB qui devrait se contracter de 1,9% cette année, le déficit public devrait déraper à 4,8% du PIB, après 4% en 2012. Des estimations qui restent en outre largement dépendantes du montant de la facture du système bancaire.
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