L’attractivité fiscale de l’Irlande devient de plus en plus payante
Un record. L’Irlande n’avait jamais enregistré autant de créations d’emplois de la part d’entreprises étrangères qu’en 2013. Selon IDA Ireland, l’agence gouvernementale chargée d’attirer les investissements étrangers, plus de 13.300 nouveaux emplois ont été créés dans le pays l’an dernier par des sociétés non irlandaises. Retraité des suppressions de postes, le solde est positif à hauteur de 7.000 postes, un niveau annuel inconnu. Au total, les entreprises suivies par IDA Ireland emploient 161.112 personnes dans le pays, soit environ 5% de la population active du pays.
164 projets d’investissements directs ont été recensés l’an dernier en Irlande, dont 78 de la part d’entreprises qui n’avaient encore jamais investi dans le pays, soit 18% de plus qu’en 2012. Qualcomm, Airbnb, Huawei ou bien encore Tripadvisor se sont ainsi implantées pour la première fois sur l’île. Sans compter les nombreuses start-up, comme Squarespace ou AdRoll, devenues l’une des cibles prioritaires d’IDA Ireland. Selon le ministre irlandais du travail, Richard Bruton, ces créations d’emplois «ont joué un rôle majeur dans l’augmentation de 3% de l’emploi l’an dernier», car la création de 10 emplois par des multinationales fait naître généralement 7 postes supplémentaires dans les autres pans de l’économie.
Cet effet de levier ne manquera pas d’alimenter le débat sur la concurrence déloyale de l’Irlande en matière fiscale. A 12,5%, son taux d’impôt sur les sociétés est le plus faible de toute l’Union européene. Et le régime offre de nombreuses exceptions. L’an dernier, le rapport des sénateurs américains Carl Levin et John McCain avait fait grand bruit en révélant que la filiale commerciale irlandaise d’Apple aurait ainsi soustrait au fisc américain 74 milliards de dollars de bénéfices entre 2009 et 2011. Une pratique légale employée par tous les grands groupes américains, Google, Microsoft ou Amazon.
Face à la pression internationale, le gouvernement irlandais a ouvert une réforme du régime fiscal. Il propose que les entreprises étrangères présentes en Irlande soient dans l’obligation de déclarer un pays de résidence fiscale. Jusqu’à présent, en étant fiscalement apatrides, les filiales irlandaises des groupes internationaux bénéficiaient d’un taux d’impôt sur les bénéfices de seulement 2%. La réforme, élaborée en coopération avec les entreprises, devrait être mise en œuvre à partir de janvier 2015.
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