La SEC se veut souple pour la régulation des dérivés transfrontaliers
Un des régulateurs américains des marchés a fait un pas en direction de ses homologues internationaux, notamment européens. La Securities and Exchange Commission (SEC) a adopté la semaine dernière de nouvelles propositions de régulation pour les produits dérivés transfrontaliers. Elles cherchent à éviter que les exigences américaines ne se heurtent de front à celles d’autres juridictions.
«Le caractère mondial du marché [des dérivés] fait que les opérateurs peuvent être encadrés dans de multiples pays. Le chevauchement des supervisions peut déboucher sur des règles contradictoires ou coûteusement répétitives», a défendu la présidente de la SEC, Mary Jo White. Celle-ci propose donc que les opérateurs étrangers qui souscrivent à des dérivés avec des Américains ne soient pas toujours obligés de respecter la législation des Etats-Unis. Ils pourront bénéficier d’une exemption si la réglementation de leur juridiction est jugée «comparable» à celle de Washington par la SEC.
«A première vue, c’est un pas important dans la bonne direction», assure une porte-parole de la Commission européenne. Dans une lettre publiée récemment, la Commission et les ministres des Finances de neuf Etats ont demandé au Trésor et aux régulateurs américains de reconnaître leur législation comme comparable. Les dirigeants assurent que, faute de coordination, le marché des dérivés pourrait se fragmenter alors qu’il est «d’importance vitale pour l’économie».
Les propositions de la SEC devraient d’autant plus satisfaire ces autorités que le régulateur américain se veut pragmatique. La SEC assure qu’elle ne veut pas vérifier si les régulations sont comparables ligne à ligne mais plutôt si elles donnent des résultats similaires. Par ailleurs, si la législation étrangère est perçue comme équivalente à celle des Américains dans trois domaines sur quatre, des exemptions pourraient être accordées pour ces trois domaines.
«C’est un premier pas car la proposition de la SEC doit encore être discutée et adoptée», relativise Gilles-Antoine Frot, associate chez Allen & Overy. La SEC a ouvert une consultation sur ses propositions pendant trois mois. «En outre, la CFTC qui régule également les dérivés ne s’est pas encore prononcée», poursuit l’avocat. Lors du dernier G20, les ministres des Finances ont promis de réduire leurs différends sur les dérivés transfrontaliers d’ici au mois de septembre prochain.
Plus d'articles du même thème
-
Super Micro fait à son tour appel au marché pour financer sa croissance dans l'IA
Dans le sillage de Google, le fabricant de serveurs a annoncé vouloir lever 7 milliards de dollars afin d'acheter les composants dont il a besoin pour honorer ses commandes d'infrastructures liées à l'intelligence artificielle. -
Bruxelles force Meta à ouvrir Whatsapp
La Commission européenne a imposé mardi à Meta le retour gratuit des concurrents de son assistant conversationnel Meta AI dans WhatsApp. -
Apollo et Blackstone s'imposent comme grands argentiers de l'IA
Secondés par un syndicat bancaire, les géants de la dette privée apportent 35 milliards de dollars à un véhicule de financement monté avec le spécialiste des semi-conducteurs Broadcom pour répondre à l'insatiable demande de calcul des applications de l'intelligence artificielle. -
UniCredit continue à convaincre des actionnaires de Commerzbank
La banque italienne a annoncé avoir obtenu plus de 10% des titres de sa cible dans le cadre de son offre publique d’échange. De son côté, Commerzbank conteste le bien-fondé de ces chiffres. -
Vivendi va former un recours devant la Cour de justice de l'Union européenne
Vivendi estime que, dans le cadre d'une enquête sur une possible prise de contrôle de fait de Lagardère, la Commission européenne a fait une demande de renseignements de documents internes illégale en matière de protection des sources des journalistes et de respect de la vie privée. -
Anthropic lance une version bridée de son modèle IA le plus puissant
L'outil, dont les créateurs vantent les capacités «exceptionnelles», est programmé pour ne pas répondre à certaines demandes jugées dangereuses.
ETF à la Une
Exposition au MSCI World au coût le plus bas du marché
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- RockFi s'appuie sur BlackRock pour démocratiser la personnalisation du conseil
- WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreData centers orbitaux : la prochaine dépendance européenne ?
Le continent a un besoin stratégique : garantir que certaines capacités numériques restent accessibles, sécurisées et souveraines dans un monde fragmenté et conflictuel -
Bon pointLa visite « gagnant-gagnant » de Xi Jinping à Pyongyang
Kim Jong-un a tout fait pour rassurer le président chinois sur l'importance de ses liens historiques avec la Chine -
Comment le luxe s'est emparé de la Biennale de Venise
Cette année, Dior, Prada mais surtout Bvlgari ont investi massivement La Biennale de Venise qui n’est plus depuis longtemps seulement un événement artistique, ni même mondain. Les maisons de luxe s’y disputent les collectionneurs les plus importants et font feu de tout bois pour les arracher à leurs concurrents.