Le PDG de Total craint une loi sur le «say on pay»
Patrick Pouyanné, le PDG de Total, a mis en garde le gouvernement contre la tentation de faire voter une nouvelle loi sur la rémunération des patrons dans le sillage del’affaire Carlos Ghosn chez Renault, alors qu’Emmanuel Macron et François Hollande ont fait ces derniers jours des déclarations en ce sens.
«C’est un terrain extrêmement dangereux, a-t-il déclaré lors d’une audition devant la commission des Affaires économiques du Sénat. Si des lois de cette nature sont prises, les sièges quitteront la France. Ce n’est pas une menace, c’est juste ce qui va se passer.»
Patrick Pouyanné a toutefois appelé les patrons et les conseils d’administration à prendre leurs responsabilités. Le conseil de Renault est passé outre au vote consultatif négatif de l’assemblée générale fin avril sur la rémunération du patron du groupe automobile, Carlos Ghosn. «Si l’assemblée générale de Total disait ‘non’ aux éléments que le conseil d’administration propose pour Patrick Pouyanné, je demanderais au conseil d’administration de les réviser», a déclaré le PDG de Total. «Le sens commun, c’est qu’une assemblée générale se prononce. On la consulte, c’est peut-être consultatif, mais on l'écoute», a-t-il précisé.
Le dirigeant est aussi revenu sur sa propre rémunération: «Je dois avoir le vingtième ou vingt-cinquième salaire d’un gars chez Exxon ; mes collègues en gagnent 20 à 25 millions, à mon avis tout ça est un peu exagéré».
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