Les régulateurs dressent un cadre d’analyse pour les applications de la blockchain

le 28/02/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le texte liste les questions importantes pour les superviseurs et promeut une approche flexible et mesurée des bénéfices-risques.

Les initiatives et consortiums autour de la blockchain ne se comptent plus sur les marchés financiers. De l’assurance au commerce international, du marché des changes à la gestion du collatéral, la technologie semble devoir se glisser partout, sans que les autorités de supervision ne suivent forcément le mouvement. Pour y remédier, le Comité des paiements et des infrastructures de marché (CPMI) a publié hier un cadre d’analyse destiné aux banques centrales. «Ce rapport veut aider les banques centrales et les autres autorités comme le public à identifier les risques aussi bien que les bénéfices associés à la technologie émergente (de la blockchain, ndlr)», a déclaré Benoît Coeuré, le président du CPMI, dans un communiqué de presse.

Le rapport souligne que si les attentes sont très importantes autour de la technologie, «il y a encore un long chemin à parcourir avant que les promesses soient entièrement tenues». De fait, «il apparaît clairement que les évolutions et les gains d’efficacité liés seront plus probablement incrémentaux que révolutionnaires».

Parmi les questions auxquelles les autorités doivent répondre lorsqu’elles évaluent une nouvelle application de la blockchain, le CPMI note l’importance des règles de gouvernance et de juridictions. La technologie se prête en effet autant aux applications les plus larges et moins régulées, à l’instar du bitcoin, à des associations restreintes, où la validation des opérations est l’apanage d’une seule entité. Le règlement des transactions pose un autre problème, les règles actuelles ne pouvant s’appliquer directement aux processus de la blockchain, qui demandent à être réglées en amont de la mise en place des applications. D’autres «questions clés» à prendre en considération par les autorités concernent la répartition des coûts des nouvelles applications, l’arbitrage entre transparence et confidentialité ou la diffusion de standards et l’interopérabilité des systèmes.

Ce cadre d’analyse ne se veut «ni compréhensif, ni exhaustif» et doit s’entendre comme «un point de départ» pour appréhender les applications concrètes de la technologie blockchain sans prescrire de solution particulière, rappelle le CPMI. «La technologie distribuée pourrait changer la donne pour les activités de paiements, de clearing et de règlement si les fintechs et les institutions financières peuvent utiliser la technologie pour répondre aux exigences légales, opérationnelles et de gestion des risques», conclut Benoît Coeuré.

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