La CDC teste la blockchain pour la gestion de collatéral
Petit à petit, la blockchain passe de la théorie à la pratique. Le consortium français de banquiers et d’assureurs réunis pour défricher la recherche sur cette technologie, emmené par la Caisse des dépôts (CDC) et baptisé LaBChain, a présenté hier son deuxième cas d’usage. Il s’agit d’une plate-forme expérimentale de gestion du collatéral non cash sur les prêts-emprunts de titres. Elle fonctionne grâce à la technologie blockchain, utilisée notamment par la monnaie virtuelle bitcoin. Plus particulièrement celle de type Ethereum, qui repose sur des contrats intelligents (smart contracts). L’expérience a été réalisée avec quatre des vingt-cinq partenaires de LaBChain : le Crédit Agricole, CNP Assurances, Natixis Asset Management Finance et la SSII OCTO Technology, chargée de la majorité du développement informatique.
Aujourd’hui, la gestion du collatéral demande beaucoup de temps et d’argent aux établissements. Le prêteur et l’emprunteur de titres ont chacun une équipe de middle-office chargée de réévaluer les positions, de calculer les appels de marge et d’instruire les livraisons, souvent quotidiennement. «Chaque contrepartie dispose d’une infrastructure lui permettant de calculer ces appels de marge, qu’elle confronte à ceux de l’autre contrepartie», explique Laurence Giraudon, directrice middle et back-office chez CNP Assurances.
Or la blockchain, grâce à son architecture décentralisée et son authentification automatisée, permet «de faire le calcul une seule fois plutôt que deux, et pourquoi pas d’instruire automatiquement», poursuit-elle. Fini les désaccords et les interventions manuelles. «La blockchain fluidifie le processus, diminue les risques inhérents à la gestion papier, et sécurise les parties : le résultat ne fait pas de doute car tout se fait au même endroit, sur la blockchain Ethereum», renchérit Nadia Filali, en charge de LaBChain à la CDC.
Si la technologie Ethereum a convaincu par sa fonctionnalité et sa facilité d’appropriation, son application présente encore des limites. D’une part, elle manque encore de maturité : sa première version n’a été déployée qu’en 2015. D’autre part, la réglementation interdit de réaliser des transactions sur une blockchain publique comme Ethereum. Lorsque deux établissements échangent des titres, leur nom est caché mais pas le montant des flux. «Des travaux sont actuellement menés par des chercheurs pour voir comment cryptographier les transactions en amont de l’authentification par la blockchain», pointe Nadia Filali.
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