Le nouveau président de la Fed n’a pas déçu les attentes d’une hausse de taux après son revirement «restrictif» de Jackson Hole. De quoi renforcer sa crédibilité malgré les tweets toujours contradictoires de Donald Trump. Les autres membres du FOMC affichent encore pour la suite une certaine prudence, qui devrait quand même les amener à une hausse de taux supplémentaire jusqu’à 4,25%.
Les échéances longues des bons du Trésor américain ont chuté de 52% depuis leur plus haut de 2020, dans un contexte de normalisation des taux. Alors que le taux 10 ans est revenu à 5%, certains s’interrogent sur l’opportunité de reprendre de la duration.
Le graphique ci-dessous décompose le taux américain à 10 ans entre taux réel, anticipations d’inflation et prime de terme. La remontée des rendements depuis 2020 résulte de plusieurs dynamiques successives. En 2021, le soutien budgétaire et les contraintes d’offre ravivent les anticipations d’inflation.
L’activité a ralenti cette semaine sur le marché primaire corporate, dans un contexte de plus forte volatilité sur les marchés mais aussi dans l’attente d’une probable transaction de Meta sur le marché euro. Cette première est vue comme un nouveau test pour les émissions des hyperscalers.
Alors que le taux des OAT françaises à 10 ans a atteint 4,50%, le rendement des obligations sécurisées émises par les banques françaises est nettement inférieur depuis juin. L'écart atteint près de 30 points de base désormais, soit le plus marqué jamais enregistré.
Le marché primaire obligataire euro a été très actif depuis mi-août dans un contexte de tensions sur les taux longs. Les émetteurs américains restent les plus prolifiques. Les français sont également très présents, la campagne présidentielle et le budget alimentant les craintes.
Après avoir annoncé le 19 août sa volonté de racheter davantage de bons du Trésor de maturité longue, le secrétaire au Trésor a dû tenter de rassurer après une première opération de ce type plutôt ratée le 10 septembre. Les experts s’attendent à ce que le Trésor supprime ses adjudications sur les titres à 20 ans entre début novembre et début février.
Alors qu’un ralentissement ou une stagnation de l’inflation en août aurait pu conduire à un Comité monétaire plus indécis le 16 septembre, la nouvelle publication en hausse a rallié les marchés à l’idée d'une hausse de taux quasi certaine, la première depuis trois ans.
La foncière allemande Net Zero Properties a dû reporter son émission obligataire inaugurale faute d’un intérêt suffisant de la part des investisseurs après avoir réduit la taille de l’opération et proposé un rendement en haut de la fourchette initiale. Les taux plus élevés et des gérants plus sélectifs ont tranché.
Entre une inflation – pour l’instant surtout liée à un choc d’offre exogène pour la zone euro et le Royaume-Uni – et des taux longs très élevés qui durcissent naturellement les conditions financières, les grandes banques centrales pourraient sans doute être un peu plus patientes que ne l’attendent les marchés. Mais dans un contexte très favorable à la «dominance budgétaire», ces derniers ont besoin de certitudes sur l’indépendance des gardiennes des monnaies.
Lors d’une journée de tensions accrues sur le pétrole au Moyen-Orient, les marchés n’ont entendu que le risque haussier pour l’inflation dans la présentation de Christine Lagarde. Cela semble confirmer que la banque centrale est bien dans un cycle de resserrement monétaire.
Les rendements des emprunts de long terme ont encore bondi mercredi dans le sillage du pétrole. Mais les récentes tensions traduisent aussi un environnement de croissance favorable. La stabilité des CDS montre, pour l’heure, la faible probabilité d’une crise de la dette, mais les trajectoires budgétaires sont surveillées comme le lait sur le feu.
Les taux de perte annualisés atteindront cette année leur plus haut depuis la pandémie, selon un rapport de Fitch. Le marché est par ailleurs toujours fragilisé par le scandale des «commissions cachées» au Royaume-Uni.
Dans un contexte de remontée générale des taux, le marché des obligations souveraines européennes a plutôt bien résisté, souligne Sylvain Broyer, chef économiste EMEA, S&P Global Ratings. Mais ces taux longs européens plus élevés compliquent l’équation budgétaire au moment où les besoins d’investissement explosent.
Les émissions de ces obligations subordonnées d’entreprises n’ont jamais été aussi précoces pendant la période estivale. Face à un environnement de taux incertain mais avec des spreads très serrés, certains émetteurs accélèrent leurs projets. Une tendance durable.
Le parti d’extrême droite a obtenu 43,8% des voix. Cela ne lui permet pas d’obtenir la majorité absolue des sièges (39 sur 83) mais il devance largement la liste de la CDU, qui était jusque-là à la tête de ce Land, et de loin puisque cette dernière n’a obtenu que 17,2% des suffrages.
Les panélistes interrogés par L’Agefi anticipent désormais des hausses de taux dans toutes les grandes banques centrales sauf la Banque d’Angleterre (BoE). Ils tardent cependant à aligner les taux longs sur la tendance en forte hausse de cet été.
Le pays a conclu un accord de financement avec le FMI, lui permettant d’éviter pour l’heure un défaut. Dakar va désormais renégocier sa dette dans le cadre commun du G20. Mais les autorités préfèrent parler de réorganisation de la dette que de restructuration. Les obligations affichent une décote de 50%.