La solidarité et le droit à la santé doivent-ils primer sur les intérêts économiques des assureurs ?
On pouvait penser que la page était tournée, il n’en était rien.
L’Organisme professionnel représentatif de l’artisanat, l’Union professionnelle Artisanale (UPA) a publié le 25 juin dernier un communiqué annonçant, qu’il déposait un recours contre la décision du Conseil constitutionnel du 19 décembre 2013 devant la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) sur la base de la méconnaissance du droit européen par le Conseil Constitutionnel.
Ce dernier, pour mémoire, a remis en cause dans sa décision du 19 décembre 2013 les clauses de recommandation, par accords professionnels ou interprofessionnels, d’un ou plusieurs organismes assureurs.
Dans son communiqué, l’UPA explique que l’argumentation de son recours s’appuie sur le fait que la solidarité et le droit à la santé sont des droits fondamentaux des citoyens européens qui, sans nier les principes de la liberté d’entreprendre et de la liberté contractuelle mis en avant par le Conseil constitutionnel, doivent primer sur les intérêts économiques immédiats des organismes d’assurance ou de prévoyance.
L’UPA rappelle ainsi que les deux décisions du Conseil Constitutionnel du 13 juin et du 19 décembre 2013 interdisant les clauses de désignation, puis les clauses de recommandation assorties d’un avantage fiscal incitatif, remettent en cause trente ans de politique conventionnelle et détruisent les dispositifs de prévoyance collective de onze millions de salariés.
L’organisme professionnel avertit également que si les accords existants, conclus pour 5 ans, ne sont pas immédiatement rendus caduques, à terme la décision du Conseil constitutionnel va provoquer des différences de traitement considérables entre les salariés.
En effet, indique-t-il, les deux décisions tendent à supprimer la capacité de négociation des tarifs par les branches professionnelles et vont ainsi provoquer des écarts de prix au minimum de 20 % entre la couverture complémentaire santé d’un salarié d’une grande entreprise et celle d’un salarié de petite entreprise.
L’UPA affirme par ailleurs que les risques qu’il dénonce, sont d’ores et déjà confirmés par le défenseur des droits qui a signalé les difficultés rencontrées par des entreprises de moins de 10 salariés avec leurs assureurs en prévoyance lorsqu’elles ont embauché un salarié présentant un risque de santé aggravé.
Enfin, souligne l’UPA, ces décisions vont mettre à mal les actions de prévention engagées par les branches professionnelles en vue de réduire les risques sur la santé, en contradiction totale avec l’esprit de la loi de sécurisation de l’emploi.
Source: communiqué du 25 juin 2014
Plus d'articles du même thème
-
Genfit et Inventiva s'offrent le SBF 120
Les deux biotechs débarquent au sein de l'indice parisien. Elles en chassent Interparfums et Verallia. -
Sandoz compte doubler ses ventes en dix ans grâce aux biosimilaires
Le laboratoire suisse, scindé de Novartis depuis fin 2023, compte détenir 100 biosimilaires en 2040, contre 13 aujourd’hui. Sa marge d’Ebitda devrait passer de 21,7% en 2025 à 25%-27% en 2030. -
Novartis inquiète le marché avec deux échecs sur ses traitements les plus prometteurs
Après l’annonce lundi de l’échec du pelacarsen dans les maladies cardio-vasculaires, le laboratoire suisse échoue dans la dystrophie musculaire avec un autre composé, del-desiran. L’action perd près de 10% mardi à mi-séance.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi dévoile un ETF conçu pour Zenkyoren
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- Gaël Monfils veut devenir gestionnaire de fortune
- Deux anciens d’Iroko lancent un courtier en assurance-vie
- L’aide à mourir questionne la couverture assurantielle du décès
Contenu de nos partenaires
-
PatrimoineHausse des taux : où investir votre épargne et pour quel rendement ?
C’est un changement brutal de perspective pour les épargnants. Il y a un an, ils géraient encore leur patrimoine en anticipant une baisse des taux d’intérêt. Aujourd’hui, ils réalisent que c’est l’inverse qui s’est produit -
SourdineEmmanuel Macron cherche de la bande passante pour sa campagne parallèle
Le chef de l'Etat observe de loin la campagne présidentielle mais tente de pointer les thèmes absents du débat entre les prétendants à sa succession -
Au berceauL’Italie envisage un fonds de pension pour chaque nouveau-né
« Le désert démographique frappe à notre porte, il faut investir sur ce sujet », prévient le ministre de l’Economie Giancarlo Giorgetti