Assurance emprunteur : de nouvelles mesures en vue sur le front de la résiliation
La proposition de loi sur l’effectivité du droit au changement d’assurance emprunteur a reçu l’aval de la commission des affaires économiques du Sénat, Le texte, qui sera officiellement déposé le 23 octobre prochain, durcit le cadre de ce nouveau droit en créant des sanctions pour les banques récalcitrantes
Le sénateur Martial Bourquin déposera sa proposition de loi sur l’effectivité du droit au changement d’assurance emprunteur le 23 octobre prochain. Le texte a été adopté «à l’unanimité» en commission des affaires économiques mercredi 16 octobre, fait savoir le sénateur.
La proposition de loi prévoit notamment que la date de résiliation du contrat puisse se faire à « la date anniversaire de la signature de l’offre de prêt par l’emprunteur», soit à «une date convenue entre les parties sur initiative du client». La fiche standardisée d’information devra être délivrée sous les dix jours au client, pendant la durée du prêt.
Le texte entend également instituer une obligation d’information annuelle des assurés sur le droit de résiliation, assortie de sanctions civiles et administratives, cette dernière susceptible de monter jusqu’à 15.000 euros.
En revanche, la première version du texte prévoyait la mise en place du «name and shame» en la matière, désormais abandonnée dans la mesure où «la DGCCRF a déjà la possibilité de publier les noms des banques qui sont condamnées à payer l’amende».
«Les banques détiennent toujours 87 % du marché et ne font pas jouer la concurrence», déplore le sénateur, évoquant le soutien des associations de consommateurs alertant sur la «non-effectivité» de sa libéralisation. La proposition de loi entend «lever les freins à la concurrence et permettre à des sociétés de proposer des offres alternatives», soulignant qu’un ménage peut économiser «1.000 euros par an, parfois 20.000 sur la durée d’un prêt».
L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) loue les efforts de transparence faits sur l’assurance-vie. Elle appelle à aller plus loin, notamment sur l’affichage des taux servis. Elle convie assureurs et banquiers à plus de responsabilité envers les clients et critique vertement certains produits inutiles.
Les Crédit Agricole Ile de France, la Bred et la Caisse d’Epargne Ile-de-France se voient sanctionnés financièrement, comme l'avait été le CIC, pour non-respect du délai de réponse aux demandes de substitution d’assurance emprunteur.
Pour la première fois depuis l’entrée en vigueur de la loi Lemoine, une banque est sanctionnée par la DGCCRF pour n’avoir pas respecté les délais de demande de changement d’assurance emprunteur. Une décision qui fait date et pourrait marquer la fin d’un «laissez-aller» qui n’a que trop duré selon certains.
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