Un sentiment d’expectative entre deux barbaries
Depuis 2008, année de lancement de nos bilans annuels, peu d’événements ont été épargnés à nos lecteurs entre les secousses financières et les chaos étatiques, mais cette «Année du patrimoine» restera marquée d’une pierre noire. Ouverte dans un bain de sang où chacun, en France et dans le monde, s’est senti Charlie, elle s’achève par une tuerie sans précédent ouvrant le deuil de l’innocence universelle. Peu importe que cela n’affecte peu ou pas les indices économiques et financiers, comme lors de précédents tragiques, c’est le patrimoine humain qui est atteint au plus profond.
Si l’ordre normal des choses reprend peu à peu ses droits, les rares faits saillants du millésime apparaissent bien fades. Au plan international, le pouls économique a tressauté au rythme des errements de la Grèce puis de la décélération chinoise, s’est laissé bercer par la croissance américaine, a buté sur les hésitations de l’Europe et s’est fait administrer la potion des grandes banques centrales. Dans ce registre, seule l’affirmation des fintechs et de la révolution digitale est apparue en facteur puissant de stimulation.
Sur le plan strictement patrimonial, c’est le même sentiment d’expectative qui prévaut. Le gros pavé de la loi Macron avait pour l’essentiel déjà été lancé l’an dernier et ses décrets s’égrèneront en 2016. On notera par ailleurs une baisse catégorielle d’impôt, succédant à plusieurs coups de boutoir, l’entrée en vigueur de nouvelles règles successorales européennes ou encore plusieurs jurisprudences marquantes, mais au final, la mémoire se souviendra plutôt d’une morne plaine.
C’est donc en direction d’une plaine verte que l’on se tournera, celle de la COP 21 qui a clôturé ce cycle de douze mois en forme d’interrogation suprême sur notre patrimoine terrestre de demain. On ne soupçonne pas, tous acteurs confondus, le nombre de communiqués qui ont fleuri durant ces quinze jours où 195 Etats et l’Union européenne se sont retrouvés au pied du pic de pollution. Fédérations, organismes financiers, ordres professionnels, institutions diverses et variées, tous ont brandi haut et fort le pavillon de la lutte en faveur du climat. Que la vérité tienne sur la terre comme au ciel. Et si l’accord parisien n’est pas exempt de brèches, du moins marque-t-il une avancée dans la mobilisation mondiale.
Avec cette marque d’espoir, toute notre équipe vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année.
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