UBS va recentrer CCR AM sur la clientèle privée et institutionnelle
Alors que CCR Asset Management (AM) a entamé des discussions sur de possibles suppressions de postes, les futurs contours de la société de gestion française d’UBS se précisent. «Nous allons recentrer les activités sur les clients de la banque privée d’UBS en France, pour laquelle CCR AM gère des mandats et fonds dédiés, et sur la distribution des fonds de l’ensemble du groupe UBS auprès des grands institutionnels français, annonce à L’Agefi Jean-Frédéric de Leusse, président du directoire d’UBS France, en charge des négociations avec les partenaires sociaux. Nous menons également une réflexion pour les autres segments de clientèle. Tout est sous revue.»
UBS reste notamment silencieux sur l’avenir de l'équipe dédiée aux conseillers en gestion de patrimoine.
CCR AM compte 85 salariés, dont 25 commerciaux et une trentaine en fonctions supports (risques, etc.), contre 130 en 2009 avant l’externalisation de la valorisation des fonds et de la fonction de dépositaire. Si la société ne précise pas l’ampleur des probables réductions de postes révélées par La Lettre de l’Expansion, la baisse de ses coûts semble dictée par ses pertes. Elles atteignaient encore 1 million d’euros en 2013, selon les comptes déposés au greffe. «CCR AM n’est pas redevenue rentable depuis son rachat à Commerzbank, en 2007», explique Jean-Frédéric de Leusse. La société gérait alors 17 milliards d’euros. Ses encours sont tombés à 9 milliards après sa fusion avec UBS Global AM France en 2009, et à 5 milliards aujourd’hui.
Pour autant, «UBS tient à garder une société de gestion en France, assure le dirigeant. La réorganisation à venir n’est pas le prélude à une cession.» UBS France a toutefois cédé CCR AM à sa maison mère, la banque suisse UBS, révèlent ses comptes publiés au Balo. L’opération s’est conclue en avril 2013 pour 90,4 millions d’euros, loin des 435 millions payés en 2007. «Nous avons placé la participation dans CCR AM hors du périmètre d’UBS Holding (France) SA pour pouvoir appliquer la demande réglementaire d’un coefficient d’exploitation inférieur à 80% pour nos activités bancaires françaises», justifie Jean-Frédéric de Leusse.
Selon lui, «aucun projet spécifique de réorganisation» ne vise la banque d’investissement d’UBS France après le plan de départs de 2013, même si «son périmètre peut toujours être adapté». La banque privée parisienne ne serait pas non plus concernée, malgré les soupçons d’aide à l'évasion fiscale qui pourraient lui valoir une amende record.
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