Optimisme… de rigueur
On tend facilement une oreille plus attentive aux Cassandres. Et l’on accorde plus de poids à leurs discours, comme si le verre à moitié vide avait plus d’importance que celui à moitié plein... Il est parfois dommage de bouder son plaisir, juste pour la posture. Concrètement (pourquoi le nier?), le «ouf» de soulagement de la profession il y a quelques semaines, à la suite de la décision de la Commission des affaires économiques et sociales du Parlement européen de retoquer en l’état les normes techniques de Priip/DIC, a laissé place, il y a quelques jours, à une véritable satisfaction. Car en suivant ladite commission, les députés européens ont enfoncé le clou. Et laissé le soin à la Commission européenne de revoir sa copie. Vite s’il est question de définir un nouveau plan de route tout en respectant le calendrier fixé au préalable.
La réglementation n’est en rien l’unique défi des conseillers en gestion de patrimoine, qui doivent aussi batailler et affronter une concurrence toujours plus forte. Le 10e baromètre des CGPI que vient de réaliser BNP Paribas Cardif leur mettra sans doute un peu de baume au cœur : l’étude confirme à la fois l’allant de la profession et la satisfaction de ses clients. Mieux, leur fidélité. Alors que le baromètre portait sur l’émergence du numérique dans la profession, il ressort que les CGP ont preuve d’une grande sérénité face à une concurrence «agile et digitalisée ». Les conseillers évoquent même la notion d’opportunité lorsqu’il est question de l’émergence des robo-advisors, d’autant que le mouvement semble manquer d’ampleur pour constituer une réelle menace. En écho, les clients des CGP ne sont que 16 % à se dire prêts à utiliser ces outils. Et encore, pour 91% d’entre eux, l’opération se ferait en complément, de leurs relations avec leurs conseillers. Que retenir de tout ceci ? Avant tout, que le contact humain reste essentiel, c’est un fait, et qu’il faut s’en réjouir. De là à tomber dans un optimisme béat, il y a un pas…
D’abord sans mégoter, le baromètre indique quand même que 6% des clients des CGP pourraient envisager leurs robo-advisors en remplacement total de leur conseiller. Enfin, la concurrence ne se limite pas aux seules fintechs puisqu’il faut aussi compter avec les banques privées ou les courtiers en ligne. Dans ces pages, d’autres professions telles que les experts-comptables se disent également fondées, à bon droit, d’exercer une activité de gestionnaires de patrimoine auprès de leur clientèle, dont ils connaissent parfaitement le patrimoine professionnel. Finalement, tout cela nous ramène à l’intérêt de jouer les Cassandre et à leur influence. Rien n’étant tout blanc ou tout noir, ceux qui pointent systématiquement des menaces finissent toujours, d’une façon ou d’une autre, par avoir raison…
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