Lorsque le numérique ne peut que vous toucher du doigt
Le digital occupe un espace de plus en plus considérable, sorte de Big bang dans l’échelle des relations humaines. Il y a des résistances, il y a des prodiges, mais l’onde se propage inéluctablement. On en connaît des signes extraordinaires dans la propagation des flux, dans l’instantanéité des échanges et le potentiel vertigineux d’amélioration des connaissances. On en perçoit la potentielle perte de tout repère, la mémoire portée jusqu’à l’indigence si des balises ne sont pas respectées et jusqu’à la confusion des comportements. Exemple type devenu presque banal de l’escogriffe absorbé en pleine rue par son portable et qui vous défonce consciencieusement le portrait sans à peine s’excuser. La médaille et son revers…
Mais corrigeons en premier lieu une erreur qui se banalise: qui dit digital se rapporte au doigt, nous semble-t-il. Aussi le numérique est-il certainement plus adapté à cette transformation reine, sauf à appeler clavier tout ce qui se réfère à notre bonne vieille informatique. Ne jouons pas nos barbons ! Quel qu’en soit le vocable, la révolution est en marche et n’épargne aucun métier. On en trouve des signes constants ces derniers temps avec la multiplication des fonctions dédiées aux plus hauts niveaux de direction dans la banque et dans l’assurance, nous y reviendrons bientôt.
Sous d’autres sphères, les initiatives ne manquent pas de se répandre. Les notaires français, par exemple, souvent peu soupçonnables de vouloir créer des ruptures, ont très vite pris le pli des actes authentiques électroniques et investissent dans des réseaux d’échange tant en interne qu’avec l’Etat. Dématérialisation, signatures électroniques ici et là et puis comment ne pas mentionner parmi les dernières fulgurances les réseaux sociaux? Lieux de rencontre branchés s’il en est, ils provoquent aujourd’hui la course aux «vu», aux «j’aime», aux «dièses» et aux services de services vous assurant le maximum de partages.
Une étude toute fraîche réalisée dans le milieu de l’expertise comptable par un certain Florian Dufour, qui se définit comme un mémorialiste investi dans cette communauté, donne un éclairage sur leur appétence vis-à-vis de ces plates-formes. Parmi les quelque 500 professionnels interrogés, 60% sont inscrits sur au moins l’une d’entre elles et une large majorité estime que leur atout principal est de valoriser l’image du cabinet et de constituer un bon outil de recrutement. D’autres avis sont mitigés, par exemple sur le développement de la clientèle, mais la roue technologique, objet du dernier congrès des hommes du chiffre (lire aussi notre dernière édition, p. 14), tourne bel et bien.
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